jeudi 27 août 2026

DYLAN THOMAS, le précurseur du Spoken Word, la vérité sur deux points concernant sa mort... . -

Dylan Thomas est né le 27 octobre 1914 à Swansea (Pays de Galles) et il est mort le 9 novembre 1953 à New York, à seulement 39 ans. Dylan Thomas est majeur dans l’histoire du spoken word pour une raison simple : il a transformé la poésie en un art de la voix, et il l’a fait avant les Beats, avant les slams, avant la culture performance telle qu’on la connaît aujourd’hui ; il a fait entrer la poésie dans l’ère de la voix. Dès les années 1940–1950, Dylan Thomas devient une figure médiatique internationale : radio, télévision, films, enregistrements audio. Le New York Times écrivait en 1950 que sa voix « ajoutait une nouvelle dimension à l’histoire littéraire » . Sa diction, son souffle, son intensité ont fasciné le public : il est perçu comme le premier poète moderne à être à la fois auteur et performeur de sa propre poésie. Dylan Thomas est le premier grand poète à enregistrer pour le label Caedmon Records, en 1952 ; cela fixe une référence de genése pour le spoken word enregistré ; Ces disques deviennent des événements culturels majeurs. Autrement dit : avant la Beat Generation, avant Jack Kerouac, avant Allen Ginsberg, avant les disques beat-jazz, Thomas a déjà créé un modèle de poésie enregistrée. Ses prestations, ses tournées font de Dylan Thomas, le prototype du poète-performeur moderne et ses tournées aux États-Unis dans les années 1950 sont révolutionnaires, elles attirent des foules, elles montrent qu’un poète peut vivre de ses lectures, elles créent un modèle que suivront les poètes de la Beat Generation, les poètes de la West Coast, les scènes de slam, etc.. . Philip Levine, Poète américain, a dit de lui : « Il était le premier. L’idée d’une tournée était originale. Et il avait la poésie pour la soutenir. » . Il invente une forme : le “play for voices” avec 'Under Milk Wood', Thomas crée une œuvre pensée pour la radio, un théâtre de voix, une dramaturgie sonore , c’est une innovation majeure : un texte conçu non pour être lu, mais pour être entendu, c'est l'idée de la poésie comme espace sonore, une idée est au cœur du spoken word contemporain. L'influence de Dylan Thomas directe sur la culture moderne du siècle 20 et son impact dépasse la poésie : Bob Dylan prend son nom en hommage à Thomas Dylan, Les Beatles mettent son portrait sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band et Les poètes beats reconnaissent son influence , il devient ainsi un pont entre la poésie lyrique, la performance orale et la culture pop et rock. Il est incontestablement historique pour le spoken word car ’il a fait de la poésie un art de la voix, du souffle, de la présence et parce qu’il a été le premier à enregistrer des disques de poésie pour la diffuser,faire des tournées internationales de lectures, transformer la radio en espace poétique, il est donc l'influence directe ou indirecte des générations performatives de la Beat Generation, du rock, du slam, de la culture hip hop et même si beaucoup lignore. Dylan Thomas n’est pas seulement un immense poète au style unique, il est tout l’ancêtre décisif du spoken word moderne. Il convient de rétablir deux vérités au sujet de la mort de Dylan Thomas, il n'est pas tombé dans un coma éthylique sur scène et la phrase du médecin légiste 'insulte au cerveau" n'a pas été prononcée en rapport à l'alcoolisme du poète. Les faits établis par les sources historiques sont les suivants : New York, lors de sa quatrième tournée de lectures aux États-Unis. Dylan Thomas est déjà connu pour ses excès légendaires d’alcool et son état de santé fragile ; il tombe gravement malade à New York, sombre dans un coma et meurt quelques jours plus tard. Il n'y a pas de diagnostic médical unique et définitif, mais il y a convergence sur un tableau : épuisement extrême, alcoolisation massive, pneumonie et complications respiratoires sont les éléments les plus souvent mentionnés dans les biographies sérieuses ; ce qui est certain : Dylan Thomas ne tombe pas sur scène, il s’effondre dans sa chambre du Chelsea Hotel, le 4 novembre 1953, plusieurs jours après sa dernière lecture publique. Ce jour-là, il revient à l’hôtel après avoir bu (mais probablement moins que la légende des “18 whiskies”), il se sent très mal, fiévreux, essoufflé.Son médecin américain, Dr Milton Feltenstein, vient trois fois dans la journée et lui injecte ACTH et surtout morphine (jusqu’à 30 mg). Après la dernière injection, Dylan Thomas tombe dans un coma dont il ne se réveillera plus. Il est ensuite transporté à St Vincent’s Hospital, où il meurt cinq jours plus tard. D’où vient “Insulte au cerveau ?”, cette expression apparaît dans les notes médicales du Dr Milton Feltenstein, le médecin qui a examiné Dylan Thomas avant son coma, au Chelsea Hotel, Le Dr Feltenstein écrit que Thomas souffre d’une : “insult to the brain” (insulte au cerveau), dans le vocabulaire médical anglo‑saxon, “insult” signifie lésion, agression physiologique, atteinte grave — pas une insulte verbale ; donc Ce n’est pas une phrase poétique, ce n’est pas une métaphore mais c'est un terme clinique. Le Dr Feltenstein a pensé que Thomas souffrait d’une encéphalopathie hypoxique (manque d’oxygène au cerveau), due à une pneumonie sévère, une respiration très affaiblie, un état général catastrophique et aggravation majeure les propres injections de morphine qui sont une erreur, il note donc une “insult to the brain”, c’est‑à‑dire un cerveau agressé, en détresse, en danger immédiat. La phrase est devenue “fameuse” car pendant longtemps, on a cru que Dylan Thomas était mort d’alcoolisme pur ou d’une orgie de whisky, voir même d’un effondrement sur scène. La phrase “insult to the brain” a été instrumentalisée par des biographies, hors contexte, comme si elle désignait une sorte de “punition” ou “châtiment” du cerveau d’un poète excessif, alors qu' en réalité, elle signifie simplement que le cerveau est en train de céder sous l'effet d'hypoxie et d'infection. C’autopsie confirmée par le médecin légiste conclut à une pneumonie hypostatique (cause primaire), un œdème cérébral (cause immédiate), une hypoxie sévère, un taux de morphine aggravant, un foie gras (alcoolisme chronique) mais aucune lésion cérébrale due à l’alcool. La fameuse “insulte au cerveau” correspond donc à l’hypoxie + l’œdème mais elle est devenue célèbre parce qu’elle a été mal interprétée, instrumentalisée, par des biographes pour la mythologie du “poète. - Le corps de Dylan Thomas a été rapatrié au Pays de Galles et enterré le 25 novembre 1953 dans le cimetière de Laugharne.- Christian-Edziré Déquesnes.

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