dimanche 21 juin 2026

BOB DYLAN (prix Nobel de littérature en 2016) : "Dignity" . - Première diffusion le 17.08.2019 - 47.



Le gros qui regarde une lame d'acier
Le maigre, qui regarde son dernier repas
L'homme creux, qui scrute un champ de coton
Cherchent la Dignité

Le sage, qui scrute un brin d'herbe
Le jeune, qui scrute les ombres qui passent
Le pauvre, qui des yeux parcourt le vitrail
Cherchent la Dignité

Quelqu'un s'est fait tuer la veille du nouvel an
Quelqu'un a dit que la Dignité fut la première à foutre le camp
Je suis allé dans la cité, allé dans la ville
Allé dans le pays du soleil de minuit

Je cherche en haut, cherche en bas
Je cherche partout où je connais
Je demande aux flics partout où je vais
La Dignité, vous l'avez vue ?

L'aveugle se sort de sa transe
À deux mains, il fait les poches de la chance
Espère y trouver une circonstance
De Dignité

Je suis allé où les vautours se repaissent
Je serai allé plus profond mais c'était pas utile
J'entendais les langues des anges et les langues des hommes
Pour moi pas de différence

Vent glacé comme lame de rasoir
Maison en flammes, dettes de souffrance
Je vais me planter devant la fenêtre, demander à la jeune femme
As-tu vu la Dignité

Rencontré le prince Phillip dans la maison du blues
M'a dit qu'il me rancarderait si son nom n'apparaissait pas
Il voulait une avance, se disait maltraité
Par la Dignité

Des empreintes qui courent sur le sable argenté
Des pas qui mènent à Tatouageland
J'ai rencontré les fils des ténèbres et les fils de la lumière
Dans les villes frontières du désespoir

Pas d'endroit où disparaître, pas de manteau
Je suis sur l'eau qui coule dans un bateau qui tangue 
J'essaie de lire une note qui a été rédigée
Sur la Dignité

Le malade qui cherche le remède du docteur
Qui cherche dans ses mains les lignes qu'il y avait
Et dans tous les chefs-d'oeuvre littéraires
La Dignité

L'Anglais échoué dans le vent mauvais
Qui rejette en arrière ses cheveux, son avenir paraît compromis
Il serre les dents et cherche en lui
La Dignité

Quelqu'un m'a montré une photo et j'en ai ri
La Dignité on ne l'a jamais prise en photo
J'ai été dans le rouge, j'ai été dans le noir
Dans la vallée des rêves d'os séché

Tant de route et un tel enjeu
Tant d'impasses, je suis au bord du lac
Parfois je me demande combien de temps ça va prendre 
De trouver la Dignité.

- 1991. BOB DYLAN, prix Nobel 2016 de Littérature.

WILLIAM S. BURROUGHS (words & vocal) "The Priest They Called Him" (1993) with KURT COBAIN (noise) : "The Priest They Called Him" (1993). - Première diffusion 29.09.2025 - 23.

JEAN-MARIE MASSOU (1950 - 28.05.2020.° ; "La complainte du puits" et "la complainte de Jeanne Marie" . - Première diffysion le "3; 06.2020 - 163;




Jean-Marie Massou est décédé à l'âge de 70 ans, le 28 mai dernier à Marminiac dans le Lot où il vivait et a développé une oeuvre profondemment humaniste, universelle et hors de tous les sentiers battus.

S’il existe des hommes hors norme, des être totalement singuliers, des sujets qui tracent leur chemin sans se préoccuper des discours établis et des façons de faire communes, alors peut-être Massou pourrait devenir leur prophète. Jean-Marie Massou ne saivait ni lire, ni écrire et vivait totalement seul, isolé en pleine forêt bouriane. Ce n’était pas un homme qui courrait le succès ou la reconnaissance, il semblait mine de rien même de s’étonner de l'intérêt que lui avait témoigné la jeune équipe du label : La Belle Brute, pour les centaines de cassettes audio qu’il a enregistré du fond de sa maison, sur ses magnétophones portables comme on en voyait dans les chambres d’enfants des années 80 ; Mais il n’était pas sans savoir qu’il intriguait et intéressait un "public". Jean-Marie Massou avait déjà subjugué son monde quand, pendant plus de trois décennies, il creusait des gouffres gigantesques et des galeries souterraines à la seule force surhumaine de ses bras,  "Une mission !" comme il le disait. « La Mission universelle » qui vise à prévenir l’humanité que le monde va à sa perte, qu’il s’agissait de protéger ceux qui restent. On retrouvait cela dans le documentaire « Le Plein Pays » qu’Antoine Boutet a réalisé sur cet étrange Massou.




Avec SODOROME, le premier double album 33 tours paru en 2016, c’est sa voix que l’équipe de La Belle Brute, réussi à faire entendre, sa voix et sa musicalité,  car Massou n' était pas simplement étrange, il était surtout impliqué comme peu s’y autorise dans la création, et ses enregistrements avaient  pris progressivement de plus en  la grande majorité de son temps, il utilisait plusieurs magnétophones pour créer des boucles ou des habillages sonores, réenregistrait le son plusieurs fois pour créer l’effet voulu, etc. Il y inscrivait des bribes de sa vie, il y inventait des histoires, y jouait des sketchs, ou gardait en mémoire les rêves prémonitoires de la nuit passée. Ce qui sidère c’est que Massou s’adresse à un auditeur potentiel, à une oreille lointaine, nous ne sommes donc que des intermédiaires. On pense donc à ce que disait Dubuffet, « De l’art où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe ». Même s’il acceptait, quand on le rencontrait, de jouer le jeu du chanteur de charme, donnant de la voix, a capela au-dessus de la citerne qui prend l’eau derrière sa maison. Et là, on touche à l’os du sensible, celui qui soutient les chants populaires comme les choeurs antiques ou religieux, ces airs qui traversent l’histoire et l’humanité dans son entier. On ne peut pas être indemne de la musique de nos jours, et on capte la radio même au fond de la forêt, alors Massou faisait aussi avec l’ère du temps, il bricolait avec les outils contemporains, la radio qu’il enregistrait, les cassettes comme support de montage et comme outil de diffusion, les dvd pour en extraire les bandes-sons etc. On s’approcheait franchement d’une musique concrète lo-fi ou de collages expérimentaux.


C’est peut-être ça les pratiques brutes de la musique façon d’approcher les mêmes préoccupations mais par des voies tout ce qu’il y a de plus personnelles.
En 2018, la dynamique équipe de La Belle Brute, publiait un second opus, toujours un double 33 tours, 'La citerne de Coulanges' de Jean-Marie Massou ; un voyage sonore toujours aussi singulier et encore plus intime de cet artiste résolument singulièrement atypique, profondemment humain et au final intemporel.

Enfin, Jean-Marie Massou se préoccupait depuis un bail de l'avenir de l'humanité. Avec son style et ses prémonitions à lui, mais quoiqu'il en soit, quand il avait entendu parler du virus actuel, il n'avait pas été étonné !? Par téléphone le 20 mars dernier, il expliquait à celles et ceux qui le suivaient et l'écoutait, comment ce qui se passe va dans le sens de ce qu'il décrit depuis plusieurs années dans la cadre de la "Mission Universelle".
Le message a été enregistré par téléphone ce soir là, et mis à disposition tel quel, comme convenu avec lui : https://soundcloud.com/vert-pituite-la-belle/message-de-jean-marie-massou-le-20 mars-2020?fbclid=IwAR00ZThG9L6Gg46PsCAeI_O2coCL1wJEXVfE0qyCacWALchNwtTvJtAe


 Et aussi pour encore mieux appréhender l'oeuvre de Jean-Marie Massou, je vous recommande l'article paru dans le n°17 de la revue consacrée à l'art brut : 'le Gazogéne', via===>
===>https://gazogene.wordpress.com/2011/04/24/jean-marie-massou/

Premier message de L'au-delà, de Jean-Marie Massou : 'JE VOUS AIME !'.



MICHAEL McCLURE : "For Jim Morrison" with Ray Manzarek.- Extrait de l'album "Love Lion", paru en 1991.

AIME CESAIRE : "L'Or noir" par Arthur H et Nicolas Repas.

ANTONIN ARTAUD : Rien ne ressemble à l'amour" . - Extrait du 33 tours "Thanakan" par Colette Magny., paru en

"En wat dan ?" de JOTIE T'HOOFT, par Jan Eilander.

samedi 20 juin 2026

JEAN-LOUIS MURAT chante CHARLES BAUDELAIRE sur des Musiques de Léo Ferré (enregistrement du 03 juillet 2007 en La Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand d'Auvergnes) - On peut retrouver ces chansons sur l'album "Charles & Léo - Les Fleurs du Mal", paru en 2007. Pour rappel : Charles Baudelaire qu'Arthur Rimbaud désigne, dans l'une de ses 2 Lettres du Voyant, désigne comme le premier des voyants. Première diffusion 03.06.2023- 133.

 


2 lectures d'HENRI DOUBLIER : 'EPIGRAPHE POUR UN LIVRE CONDAMNE' & 'LE BEAU NAVIRE' - Poèmes extraits du 33 tours, paru en 1957, 'Hommage à CHARLES BAUDELAIRE pour le centenaire des FLEURS DU MAL'" (1857 - 1957).- Première diffusion le 02.07.2024 - 21.

 




TOM WAITS & PRIMUS : "On the Road" de Jack Kerouac.

Interview tv canadienne et 'On The Road" de/par JACK KEROUAC, un extrait à la tv américaine et la chanson interprétée par lui même... - Première diffusion le 22.05.2023 -75.

MICHEL HOUELLEBECQ : "présence humaine". - Datation = intemporel. - Première diffusion le 13.10.2025 - 21.

"LA POURSUITE DU BONHEUR", poésie de Michel Houellebecq, paru en 1999 - Edition Librio. - Illustration lecture : "La Poursuite du Bonheur".

"RESTER VIVANT & autres textes" de Michel Houellebecq, paru en 1999 - Edition Librio. - Illustration lecture : "Rester Vivant" de Michel Houellebecq par Tonton Tchekhov

LE CORBEAU FRAPPE ! - 1. - Hommage à Edgar Allan Poe.- Première diffusion le 24.10.2020 - 36.

[...] Ardemment je désirais le matin ; en vain m'étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tritesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante filles que les anges nomment Lénore, - et qu'ici on ne nommera jamais plus [...]

 
[...] "C'est quelque visiteur qui sollicite l'entrée à la porte de ma chambre, quelque visiteur attardé sollicitant l'entrée à la porte de ma chambre ; - c'est cela même, et rien de plus." [...] 
 
- extraits, Le Corbeau d'Edgar Allan Poe
 

                                 

EDGAR ALLAN POE : "The Raven" par Lou Reed.

JACQUES PREVERT : "Pour la batterie", "Rain Song", 'La fleur", "Yaveh une fois", "Hyde Park" et "Ne révez pas" par Catherine Ribeiro (voix) et Sébastien Maroto (musique et guitare).

-Photo d'André Villers.

DYLAN THOMAS (1914 - 1953) - "Do Not Go Gentle Into That Good Night" (1952), récité par Dylan Thomas à la BBC et suivi d"une version mise en musique et chanté par John Cale.- Première diffusion le 11.02.2024 - 26.

Do not go gentle into that good night, / Old age should burn and rave at close of day; / Rage, rage against the dying of the light./ Though wise men at their end know dark is right, / Because their words had forked no lightning they / Do not go gentle into that good night./// Good men, the last wave by, crying how bright / Their frail deeds might have danced in a green bay, / Rage, rage against the dying of the light. /// Wild men who caught and sang the sun in flight, / And learn, too late, they grieved it on its way, / Do not go gentle into that good night. /// Grave men, near death, who see with blinding sight / Blind eyes could blaze like meteors and be gay, / Rage, rage against the dying of the light. /// And you, my father, there on that sad height, / Curse, bless me now with your fierce tears, I pray. / Do not go gentle into that good night. / Rage, rage against the dying of the light.

 





N'entre pas sans violence dans cette douce nuit, / Le viel âge devrait brûler et s'emporter au crépuscule ; / Rager, s'enrager contre la mort de la lumière. /// Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscurité est mérité, / Car leurs paroles n’ont laissé jaillir aucun éclair. , ils / N'entrent pas sans violence dans cette douce nuit. /// Hommes braves, la dernière vague est passée, criant ô combien ils étaient éclatants / Leurs actes délicats auraient pu danser dans une baie verte, / Ragent, s'enragent contre la mort de la lumière. /// Les hommes violents qui ont prié et chanté le soleil en plein vol, /// En apprenant, trop tard, qu'ils l'ont affligé dans sa course / N'entre pas sans violence dans cette doucee nuit. /// Des hommes graves, proches de la mort, qui regardent avec une vision crue / Que les yeux aveugles pouvaient briller comme des météores et s'égayer, / Ragent, s'enragent contre la mort de la lumière. /// Et toi, mon père, ici, en cette triste élévation, / Maudis, bénis-moi maintenant avec tes larmes féroces, je t'en prie. / N'entre pas sans violence dans cette douce nuit. / Rage, rage contre la mort de la lumière. - Traduction / adaptation : Christian-Edziré Déquesnes.

"À la musique" d'Arthur Rimbaud par Bac 2026 et illustration de Fernand Léger.

Le 21 juin, de minuit à minuit, jour de la fête de la musique en France, publication sur ma page facebook d'une illustration et d'un lien poético-musical en hommage à un poète qui a fait, qui a fait chanter les verbes et les mots ; puis à Douai, j'ouvre mon appartement de midi à minuit, pour une exposition éphémére* DANS MON METIER, MON ART MOROSE, titre d'un poème de Dylan Thomas, Pays de Galles, car la poésie et la musique, la voix, sont intrasecquement liées et le lyrisme de Dylan Thomas le démontre ; il y aura dans cette exposition livres, disques et images de et sur le poète gallois mais aussi beaucoup d'autres. Ce dimanche là, un temps aussi sera consacré à l'assemblée pré-constitante de l'association "Aux Robes de Rimbaud - Atelier Régine", avec Christian-Edziré Déquesnes et ceux qui désirent faire émerger en Douai un projet associatif pour un carrefour culturel aux actions pour tous, avec ouverture pour le monde entier .- Illustrations musicales de John Cale, né à Garnant au Pays de Galles et grand admirateur de Dylan Thomas. - *Pour plus de renseignements et inscriptions, au pré-alable, contactez l'Edziré via l'adresse mail : christian.dequesnes1@gmail.com . - Première diffusion le 8 juin - 114.

On June 21, from midnight to midnight, the day of the music festival in France, I post on my Facebook page an illustration and a poetic-musical link in tribute to a poet who made, who made verbs and words sing; then in Douai, I open my apartment from noon to midnight, for a short-lived exhibition* DANS MON METIER, MON ART MOROSE, title of a poem by Dylan Thomas, Wales, because poetry and music, the voice, are intrasectally linked and Dylan Thomas’s lyricism demonstrates this; in this exhibition there will be books, disks and images of and about the Welsh poet but also many others. On that Sunday, time will also be devoted to the pre-constitutional assembly of the association "Aux Robes de Rimbaud - Atelier Régine", with an international vocation, with Christian-Edziré Déquesnes and those who wish to develop in Douai an associative project for a cultural crossroads with actions for all, with opening for the whole world. - Musical illustrations by John Cale, born in Garnant in Wales and a great admirer of Dylan Thomas. - *For more information and registration, contact the Edziré at the following email address: christian.dequesnes1@gmail.com
- Holy Fairy/Sainte Fée ou Dylan Thomas, au métier de son art, à la B.B.C" - Peinture de S.O.D.A 26.
cliquez sur la vignette sonore 1 
puis de suite cliquez sur la seconde
et écoutez en simultané...
...merci pour Dylan Thomas.
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Dans mon métier, mon art morose
exercé dans la nuit silencieuse
quand la lune seule fait rage
quand les amants sont étendus
avec toutes leurs douleurs dans les bras,
je travaille, à la lumière du chant,
non par ambition ou pour mon pain
ni pour le semblant, ni par commerce
de charmes sur des scènes d'ivoire
mais pour le salaire ordinaire
du profond secret de leurs cœurs.

Ni pour le prétentieux,ignorant
la lune qui fait rage, j'écris
sur ces pages mouillées d'embrun,
ni pour les morts trop hauts
avec leurs rossignols et leurs psaumes
mais pour les amants, leurs bras
enlaçant les chagrins du Temps,
qui n'accordent ni attention, ni salaire
ni éloge à mon métier, mon art morose.


Extrait de Vision et Prière et autres poèmes de Dylan Thomas,
traduction et présentation d'Alain Suied
- 1991, nrf Poésie / Gallimard



- Intérieure de la baraque, l'atelier, ou, à Laugharne au Pays de Galles, écrivait Dylan Thomas.
Dylan Thomas, portrait par Jacques Cauda - version remix de S.O.D.A 26.

mardi 16 juin 2026

"D'autres jours" de Dame Céravie Art et illustration techniques mixtes de S.O.D.A 26 . - Illustration musicale : "J'en ai marre de mon amant" d'Arno Hintjens et Mirko Banovic pour/par Patricia Kaas.

Certains jours, le vide est si présent. / D'autres jours, je suis enveloppé de chaleur. / Parfois, ce vide est le bienvenu ; les stimuli sont écartés, permettant à mes pensées et à mon corps de se retrouver. / D'autres jours, je recherche la chaleur de mes amis et connaissances, et je me laisse emporter par la célébration de la vie.