mercredi 15 juillet 2026

LES RECITS DU GRAND LARGE* et son numéro spécial, paru en 1994; consacré au théme Arthur Rimbaud, puis aussi un poème de Verena Wimmer de Linz/Austria ; *Il s'agit d'une revue de bandes dessinées . - Illustration musicale : "Kinder" de Bahnhof Zoo et extrait de l'album "Rimbaud Warrior", paru en 2019.

Farben, zerbrochen aus der Scheune. / Das Schwarz, gestern herbeigerufen, verwandelt sich heute in ein wildes, brennendes Rot im Kreis./ Das alte Haus – ein Kern, / ein Hund im Staub, ein Speer. / Im Himmel, / ohne Anfang, ohne Ende, / nur eine einzige, einfache Sache: Jetzt. - Verena Wimmers. - Traduction française : FARBEN, BRISÉ DE LA GRANGE / LE NOIR A ÉTÉ ATTIRÉ HIER - AUJOURD'HUI IL SE TRANSFORME EN UN ROUGE SAUVAGE DANS LE CERCLE / LA VIEILLE MAISON - NOYAU / UN CHIEN DANS LA POUDRE UN LANCEAU / DANS LE CIEL / SANS DÉBUT SANS FIN / JUSTE UNE CHOSE SIMPLE / MAINTENANT !

mardi 14 juillet 2026

RIMBAUD, LE PRECURSEUR de René Silvain, paru en 1945, aux éditions Boivin . - Illustration musicale : "Les Effarés" d'Arthur Rimbaud par The Macabre Muse.

Paru en 1945, cet ouvrage explore la vie tumultueuse et l'œuvre novatrice de Rimbaud, qui a radicalement transformé la poésie moderne. Silvain René met en lumière les influences et les révolutions stylistiques que Rimbaud a apportées, qui le positionne comme le véritable précurseur des révolutions littéraires à venir, tel que le surréalisme ou/et le néo-romantisme. L'ouvrage propose une réflexion sur l'impact de la rébellion poétique sur la littérature, d'Arthur Rimbaud, tout en soulignant l'importance de la période historique dans laquelle Rimbaud a évolué, caractérisée par des bouleversements sociaux, politiques et qui lui écrire "À mesure que notre génération" concevra la tâche qui lui incombe, elle se rendra compte que son effort a été amorcé et préparé par des précurseurs intrépides déployant leur activité dans les années les plus sombres du siècle précédent, après la guerre de 1870-1871", ce qui d'une certaine manière est toujours d'actualité.

LES VOYGAGES D'ARTHUR RIMBAUD de Claude Jean Nicolas, paru en 1991, ouvrage remarquable 371 pages et une multitudes de photos extraordinaires. - Illustration musicale : "Rimbaud" par John Zorn.- Première diffusion le 9.07.2026 - 11..

"H.P. LOVECRAFT - Contre le monde, contre la vie" de Michel Houellebecq, avec une introduction de Stephen King, paru en 1999. - Illustration vidéo : "Michel Houellebecq à propos de H.P. Lovecraft".

dimanche 5 juillet 2026

Trois jours meurent. / Nul ne sait./ Sauf toi, Amour./// Tu mentiras. / Comme toujours, / Amour. Trois jours de crachin gras, De chagrin las. Amour moisi. Seul avec la bleue Et mon fusil, Dans cet appentis gris. Mille vains combats. Masques traîtres. Ambivalence. Des millions de galettes. Adulation. Mais toi, Amour, Ambition ou trahison ? Tu dis qu’un sang de flétan Court dans mes veines trouées. Les poissons ne sentent rien, C’est bien connu. Munich début mars, puis Rome. Overdose. Saturation. Laisse tomber. Dis-moi Amour, Cette lettre froissée, Abandonnée sur le sol. Illusion ? À Boddah, imaginaire. Des mots tracés, D’une main déchue. La mienne ? Chimère tardive, décalée. Écrire pour mentir à Boddah Mon miroir, mon ennui, mon dépit. L’affronter sans me disloquer. Fracture de l’âme. L’angoisse glisse en moi et se noie. Je coule, le temps coule autant. Embraser l’allumette humide sous la peau. Ce bout de soufre qui souffre mal ou mieux. J’enlace ma belle bleue. Bride son cou mince. Touche son ventre lisse. Cordes rauques. Cordes sensibles. Cordes pincées, doigts précis. Cordes frottées, caresses coulées. Accords interdits, incisifs. À corps offert, à corps perdu, Accord enfui, à cœur ouvert. Elle s’emballe, chauffe, hurle Son désir, mon plaisir, un rire fou. Je l’effleure. Elle frémit, pétille, crépite à l’envi. Brûle à l’envers. Enfer et contre moi. Contre addiction. Tessiture aiguë d’un glissando agressif, L’annulaire bagué de métal noir. Le son mauve. Instable. Ivre. L’âme du monde Gicle d’un bend acide. Jus sombre et toxique. Extase brutale. Un coup part. Détruit l’espace. Le fusil. C’est toi Amour ? Ma belle bleue tombe, Une Fender Mustang. Morte. Moi aussi. Pourquoi la porte est-elle fermée ? De l’extérieur ? Qui a la clef ? Amour ? Laisse tomber.

vendredi 3 juillet 2026

De l'importance de GUY DEBORD et à propos du SITUATIONISME, de MAI 68, du PUNKISME & de l'importance de THE VELVET UNDERGROUND. - Illustration musicale : "Sister Ray" (Live 1967) de The Velvet Underground.

Issu d'une famille bourgeoise en déclin, Guy Debord est un écrivain, théoricien et cinéaste français, né en 1931 et mort en 1994, surtout connu pour avoir formulé le concept de société du spectacle, l’une des critiques les plus radicales du capitalisme moderne. Il est la figure centrale de l’Internationale lettriste puis de l’Internationale situationniste, mouvements révolutionnaires mêlant art, politique et critique sociale. La Société du spectacle, paru en 1967, est son œuvre majeure, un essai philosophico-politique composé de 221 thèses. Debord y prédit et décrit une mutation du capitalisme dans lequel la domination ne passe plus seulement par la marchandise, mais par les images, les représentations, les médiations qui remplacent l’expérience directe : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. » — détournement de la première phrase du Capital de Marx. Les idées majeures sont : Le spectacle est l’organisation sociale de l’apparence. Il transforme les individus en spectateurs passifs de leur propre vie. Il unifie les systèmes de domination : spectaculaire diffus → capitalisme occidental, spectaculaire concentré → bureaucraties des pays de l’Est, spectaculaire intégré → fusion des deux dans les sociétés médiatiques contemporaines ; la seule issue : une révolution du quotidien, fondée sur le communisme de conseils. Le situationnisme : Guy Debord fonde en 1957 l’Internationale situationniste, mouvement mêlant avant-garde artistique et critique radicale de la société de consommation avec pour objectif de créer des situations, c’est‑à‑dire des moments de vie authentiques, libérés des automatismes sociaux. Le mouvement influencera fortement Mai 68, où les slogans situationnistes (« Ne travaillez jamais », « Sous les pavés, la plage ») circulent largement. Volontairement, Guy Debord est une personnalité opaque qui cultive le mystère, il détruit l’idée même de biographie dans Panégyrique, paru en 1989. Il mène une vie de cafés, de discussions, de stratégies intellectuelles. Il se méfie des médias, qu’il considère comme l’incarnation du spectacle. Guy Debord compte encore aujourd’hui car il a anticipé la domination des écrans, la marchandisation à outrance du quotidien, la politique transformée en communication, la vie sociale réduite à des images. Son œuvre est inconstestablement une grille de lecture les plus puissante pour comprendre les réseaux sociaux, la publicité, la politique-spectacle et la culture de masse. Guy Debord a joué un rôle réel mais souvent mal compris, dans Mai 68. Son influence n’est pas celle d’un chef révolutionnaire présent dans les amphithéâtres, mais celle d’un théoricien dont les idées ont irrigué l’esprit du mouvement, via l’Internationale situationniste (IS) ; Une influence intellectuelle décisive car les travaux de Guy Debord et de l’Internationale situationniste avaient, dès le début des années 60, déplacé leur action du terrain artistique vers la politique, en promouvant la lutte contre la société du spectacle et la révolution de la vie quotidienne. Bien avant mai 68, Guy Debord et les situationnistes avaient déjà formulé : une critique radicale du capitalisme moderne, un appel à l’insurrection permanente, une valorisation des conseils ouvriers, une dénonciation de l’aliénation quotidienne. Dans Mai 68, les situationnistes ne furent pas des observateurs lointains, ils participent au mouvement des occupations, notamment via les Enragés et les comités d’action. Deux textes majeurs démontrent leur rôle : Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations de René Viénet, en 1968 et Le commencement d’une époque de Guy Debord, en 1969. Les situationnistes voient dans Mai 68 un événement révolutionnaire authentique, car il remet en cause : la hiérarchie universitaire, la bureaucratie syndicale, la séparation entre vie quotidienne et politique, la domination spectaculaire. Même si la mémoire collective a trop souvent réduit leur contribution à une « critique artiste de l’ennui du quotidien », les situationnistes ont inspiré certains des slogans les plus célèbres de Mai 68 : « Sous les pavés, la plage », « Ne travaillez jamais », « Jouir sans entraves » mais les réduire à cela est trompeur : leur apport théorique était bien plus profond, ancré dans une critique du capitalisme et dans la défense des conseils ouvriers. Après Mai 68 : Debord se retire et après avoir été une figure de la sédition politique, Guy Debord se tourne progressivement vers la littérature à partir de la fin des années 1970, devenant un mémorialiste au style très travaillé, il raconte sa vie, ses souvenirs, ses expériences, mais avec une intention littéraire et historique. Guy Debord devient un écrivain en retrait, ce qui contraste avec l'homme d'action antérieur qu'il a été. Il faut insister sur le fait que Guy Debord n'a pas "dirigé" Mai 68,, mais il en est l’un des ses architectes intellectuels. L'une des volontés de Guy Debord était de dépasser l’art pour transformer la vie. Dès les années 1970, plusieurs historiens et chercheurs analyse Mai 68 comme une mise en scène collective, une sorte d’auto‑spectacularisation d'un mouvement qui devient ce qu'il dénonce où occupations, meetings, barricades, performances improvisées, correspondent exactement à ce que Debord décrivait : une société où les luttes elles‑mêmes deviennent des images, par la dimension scénographique des manifestations, l’occupation de lieux symboliques comme l’Odéon, la transformation des événements en mythologie visuelle dès leur déroulement. Les travaux sur le théâtre après Mai 68 montrent que beaucoup d'artistes ont relu Guy Debord pour comprendre leur propre rôle. Le monde théâtral a été profondément secoué : occupations, annulations de festivals, interventions dans les usines alors deux tendances se dégagent : Le théâtre comme espace du spectacle dénoncé par Guy Debord, les artistes prennent conscience que le théâtre institutionnel participe lui aussi à la logique spectaculaire, puis en second Le théâtre « déplacé » : la vraie vie dans la rue, le théâtre devenu inutile pendant les événements : « C’était dans la rue que le véritable spectacle se jouait. Cette idée rejoint de la critique debordienne : la vie réelle est absorbée par la représentation. Après 68, La Société du spectacle a été relue et comprise comme un texte annonciateur de la crise du militantisme traditionnel, Guy Debord renvoyait dos à dos les modèles bolchévique et capitaliste, les deux grands modèles politiques du XXᵉ siècle, Cette position "contre" a séduit une partie de la gauche radicale désillusionnée par l’échec de la révolution de 68. Dans les années 1970, les cinéastes militants ayant lu ou relu Guy Debord ont essayé de penser un cinéma qui ne reproduise pas la logique spectaculaire. Les débats autour du « cinéma militant » et du « cinéma de rupture » montrent que Guy Debord a servi de référence pour inventer des formes non‑spectaculaires. Il faut nuancer l’idée d’un Mai 68 aurait été totalement « debordien » car les revendications étaient beaucoup plus diverses que ce qu'une lecture situationniste laisse penser ; les événements n’ont pas été homogène, ni guidé par une théorie unique et la mémoire du mouvement exagére, idéalise, le caractère révolutionnaire, voir même spectaculaire de Mai 68 qui est constitué de nombreuses équivoques, méprises et différents internes à l'ensemble du mouvement. Enfin, il faut souligner que dans la contre culture rock et punk Guy Debord et le situationnisme sont présents, influents, de manière souterrainne mais décisive. Le punk britanniques des années 1970 a puisé dans Guy Debord un arsenal théorique pour attaquer la société de consommation, détourner les signes, et faire de la provocation un geste politique. Les formules de l’Internationale situationniste : « Ne travaillez jamais », « Vivez par vous-même », « La vraie vie est ailleurs », ont circulé dans la contre‑culture britannique et ont été réinvesties par les punks comme des cris de guerre contre l’ordre social. Ces slogans ont servi de matrice idéologique à une musique qui voulait rompre avec le spectacle marchand, exactement comme Guy Debord l’analysait dans La Société du spectacle. Malcolm McLaren, manager des Sex Pistols, fut l’un des premiers à importer le situationnisme dans la culture rock britannique, il s’inspire explicitement de Guy Debord pour faire émerger un groupe rock à coups de scandales, de détournements, de provocations : autant de techniques directement héritées du situationnisme, puis très vite après la dissolution de The Sex Pistols, le chanteur du groupe Johnny Rotten qui reprend son nom d'état civil, John Lydon, crée P.I.L (Public Image Limited) dont les premières productions et prestations publiques sont résolument empruntes de situationnisme. Le punk britannique est alors une mise en pratique réelle de la critique debordienne : détruire les images, saboter les représentations, court‑circuiter la marchandise culturelle et faire par soi-même, auto-produire, création de label indépendant, d'une presse paralléle. Dés le débuts des années 1980, la scène post‑punk de Manchester (The Fall, Gang of Four) se nourrit de Guy Debord : Gang of Four applique une démarche marxiste et situationniste pour décliner son oeuvre. The Fall participe à une conférence sur Guy Debord organisée à la Haçienda, club de Manchester, nommé ainsi d’après un texte situationniste sur l’urbanisme. Le rock devient un laboratoire politique, où l’on expérimente les idées de Guy Debord sur la ville, la vie quotidienne, la marchandise. Guy Debord est devenu une icône punk, presque un label culturel, une référence de « super‑méchant » de la contre culture rock et punk. Contrairement au Royaume‑Uni , les groupes américains ont rarement cité Guy Debord mais ils ont incarné les mêmes gestes : refus du spectacle marchand ; sabotage des codes culturels ; valorisation de la vie quotidienne contre la consommation ; esthétique du chaos, du détournement, du collage. Autrement dit : le punk américain aurait fait du Guy Debord sans le lire, je n'en suis pas certain, La scène new-yorkaise du CBGB n’était pas théorique ? elle était anti‑spectaculaire par instinct. Le minimalisme des Ramones, la poésie urbaine de Patti Smith, la soit disante anti‑virtuosité de Television ou des Dead Boys, tout cela correspond à une critique de la marchandise culturelle proche du propos de Guy Debord, même si non formulée ; on yb retrouve la logique debordienne du “moins c’est spectaculaire, plus c’est vrai”. Certains artistes américains ont explicitement travaillé dans une veine proche du situationnisme : Richard Hell (Television, Voidoids) avec son concept de Blank Generation est dans une critique de l’identité fabriquée, très proche de la notion de spectacle, Suicide : performances extrêmes, destruction des attentes, anti‑show total, et bien avant eux The Fugs : satire politique, happenings, détournements — héritiers directs des avant‑gardes lettristes et de la Beat Generation, proches des milieux où les idées de Guy Debord irculait. Greil Marcus, c'est surtout lui, critique rock américain avec une approche très sociologique, historique et analytique, qui a relié Guy Debord au punk US dans son ouvrage Lipstick Traces, un livre précieux et surtout pas seulement axé sur les Etats Unis le rock et le punk, Greil Marcus avec un talent exceptionnel ratisse très large et haut. Enfin, il me faut parler de The Velvet Underground. Le Velvet Underground n’a jamais été “situationniste” au sens strict, mais il existe un lien profond, souterrain, esthétique et politique entre le groupe, les idées de Guy Debord et de l’Internationale situationniste. Ce lien n’est pas théorique, il est structurel, dans la manière de faire de l’art une critique de la vie quotidienne, de refuser le spectacle, et de créer des situations. The Velvet Underground partage avec le situationnisme la volonté d'être anti-spectacle, anti‑star system, Guy Debord définit le spectacle comme la domination des images sur la vie réelle. Le Velvet Underground, dès 1966, c'est concerts volontairement abrasifs, parfois joués dans le noir ; absence de séduction scénique ; musique répétitive, froide, voir anti‑commerciale. C’est une esthétique de la désidentification, très proche de la critique debordienne du spectacle. Guy DDebord insiste sur l’aliénation de la vie quotidienne, Lou Reed dau sein de The Velvet Underground écrit sur la drogue, la sexualité marginale, la violence intime, la rue, les corps et vies non normés. C’est une politique du réel, non idéologique, qui rejoint la volonté situationniste de ramener la révolution dans la vie ordinaire. Les situationnistes veulent abolir l’art comme sphère autonome pour le fondre dans l’expérience ; The Velvet Underground de par son implication dans la Factory d'Andy Warhol fait des concerts mêlés à des projections, des happenings, des films, intégre le public dans l’expérience, réalise brouillage entre art, vie, performance, cinéma, bruit même. Ce n’est pas du situationnisme affilié à la théorie énoncé par Guy Debord, mais dans la pratique, c’est du situationnisme. Le paradoxe est qu’Andy Warhol qui est le mécéne de The Velvet Underground est l’opposé de Guy Debord car il célèbre les images, il joue avec la marchandise, il transforme la vie en spectacle mais paradoxalement, la Factory est un laboratoire proche des dérives situationnistes, à savoir, vie collective, création continue, brouillage des rôles, expérimentation sociale. Guy Debord et les situationnistes s’intéressaient à la critique de l’art moderne, aux dérives urbaines, à la vie quotidienne, à la lutte contre la marchandisation totale ; The Velvet Underground et Andy Warhol ne sont jamais mentionnés dans leurs textes, mais beaucoup de leurs préoccupations se croisent : rejet du divertissement marchand, exploration des marges, refus de la séparation entre art et vie. The Velvet Underground n’est pas un groupe situationniste mais initialement il est anti‑spectaculaire, anti‑commercial, centré sur la vie quotidienne, expérimental, hostile aux rôles sociaux imposés, créateur de situations. The Velvet Underground est la version nord-américaine, intuitive, non théorique, de certaines intuitions situationnistes. The Velvet Underground produisait une forme d’anti‑spectacle au cœur même du spectacle et ils ont réalisé, créé sans théorie ce que beaucoup de théoriciens de l'art, de la politiques, n’ont jamais su faire. - Christian-Edziré Déquesnes.

jeudi 2 juillet 2026

DOMINIQUE PEROLES : Le coeur électrique, paru en 2026 aux éditions Labyrinthes, un roman "rockambolesque", 363 pages, de 139 chapitres très courts, comme autant de chansons glissées dans un juke-box. Photo de Nicole Veyet . - Illustration musicale : "We're Gonna Have a Real Good Time Together" de The Velvet Underground.

- LE FOU FURIEUX REBROUSSA CHEMIN EN MARCHE arrière et en vitesse accélérée our regagner la partie fragile de mon cerveau qu'il n'aurait jamais dû quitter... - Extrait du chapitre 139 et final "We're Gonna Have a Real Good Time Together" - The Velvet Underground de LE COEUR ELECTRIQUE de Dominique Péroles.
À Dominique Péroles. - Electric' Dominik' pour bien écrire, / Il faut avoir beaucoup lu ; / Ton rockman, monstueuse play list / Rockambolesque, cela chante cette évidence /// Autre façon d'écrire sonique / Nos générations, "À la musique !*",/ Aux dansantes partitions, à servir / L'élégance de nos souvenirs. This Electric Heart, ne sonne Pas le glas, des Rocks. - Christian-Edziré Déquesnes - *Titre d'un poème d'Arthur Rimbaud.

lundi 29 juin 2026

RIMBAUD - Oeuvres complétes - Edition de Jean-Luc Steinmetz (Etablissement du texte, présentation, notices, notes, chronologie et bibliographie) - Parution en 2024, GF Flammarion . - Illustration musicale : "Hunger" (Fêtes de la faim - 1872) d'Arthur Rimbaud par John Cale & Vincent Kenis.

- Portrait d'Arthur Rimbaud par Paul Verlaine - 1886.
Ma faim, Anne, Anne, / Fuis sur ton âne. /// Si j’ai du goût, ce n’est guères / Que pour la terre et les pierres. / Dinn ! dinn ! dinn ! dinn ! Mangeons l’air, / Le roc, les terres, le fer, / Charbons. /// Mes faims, tournez. Paissez, faims,/ Le pré des sons ! / Attirez le gai venin / Des liserons ; /// Mangez les cailloux qu’un pauvre brise, / Les vieilles pierres d’églises, / Les galets, fils des déluges, / Pains couchés aux vallées grises ! /// Des faims, c’est les bouts d’air noir ; / L’azur sonneur ; / — C’est l’estomac qui me tire, / C’est le malheur. /// Sur terre ont paru les feuilles : / Je vais aux chairs de fruit blettes. / Au sein du sillon je cueille / La doucette et la violette. /// Ma faim, Anne, Anne ! / Fuis sur ton âne. — Arthur Rimbaud, Fêtes de la faim, août 1872.

VICTOR HUGO : "Waterloo", extrait du 33 tours "Ecoutez la chanson"* (Paul Verlaine), par "Attention les parents écoutent", paru en 1978. - Curieux 33 tours, toutes les paroles sont des poèmes, des textes, de Paul Verlaine, Victor Hugo, William Shakespeare, Alfred de Musset, Percy Byssche Shelley, Alphonse de Lamartique, Alfred de Vigny et Edgar Alan Poe, sur des musiques rocks, discos, slows de François Bernheim avec des arrangements très 80's et Kitsch-pisseux de Roger Loubet.

mercredi 24 juin 2026

JACK KEROUAC (Lithographie - collection privée de chl'Edziré) selon Lucien Suel, photo de Nicole Veyet . - Illustration musicale : "L'éternité d'or" de Jack Kerouac par Valérie Lagrange.

Qu'est ce que c'est ? : 1 DESTOCKAGE Track ARTtack ! de disques (tous formats), de livres et bien d'autres choses encore... . - Illustration musicale : "Qu'est ce que c'est ?" d'Arno.

Qu'est ce que c'est ? : 1. DESTOCKAGE de disques (tous formats), de livres et bien d'autres choses encore... afin d'essayer de financer le démarrage de la revue_livre "Aux Robes de Rimbaud - Atelier Régine", avec en projet de réaliser les publications de "100 enfants de Gayants"*, "Quelques poètes picards de Douai"**, "Jours de Grand Lala"***, "Les Nouveaux Chants du Mabigoni"****, "Track ARTtack !"***** et... , peut-être, dans ma foulée une association pluri-multi-culturelle basée administrativement à Douai mais à caractère international et des ateliers d'expressions artistiques en direction et pour les plus dénumis****** - 2. Je serai rue Gambetta, à Douai, dans le cadre de la braderie de Gayant de Douai, pour destocker, souvent à petits prix,..., de 8h à 18h, afin de constituer une cagnotte pour permettre de financer les premières initiatives. 3. Je serai aussi à la dispositions de ceux qui désirent me rencontrer pour échanger au sujet de ces projets et de voir, éventuellement, comment rejoindre cette dynamique culturelle et citoyenne 4. Si vous êtes intéressés mais que vous ne pourrait vous rendre à la braderie de Gayant, si vous habitez trop loin mais que vous désirez en savoir plus, participer, mon contact : christian.dequesnes 1@gmail.com /// *Du moyen âge à aujourd'hui, 100 personnalités culturelles Douaisiennes - **Marceline Desbordes-Valmore, Théophile Denis, Louis F. Dechristé, Robert Boyaval... ils ont porté haut la poésie en picard douausien. - ***Un essain témoignage, au sujet du chanteur d'Ostende et de T.C. Matic ARNO Hintjens au sujet de son travail poétique et de son rapport singulier à la lettre A. - ****4 saisons de poèmes, une épopée poétique, qui propose une espèce de nouvelle mythologie, tout un bazar que j'ai travaillé depuis plus de 25 ans et essentiellement en utilisant la contrainte du vers arithmonynes, inventée dans la secone moitié du siècle 20 par le poète Ivar Ch'Vavar... - *****Une anthologie internationales d'artistes des arts bruts et singuliers, de la poésie visuelle, du mail-art (enfin ce qu'il en reste), du copy-art, du Flop Art, du réseau informel "Track ARTtack !" qui c'est constinué à partir de mes échanges, correspondances, depuis plus de 30 ans, avec artistes extras car ordinaires et internationaux qui dans une mouvance à la fois surréaliste et surromantique font et défont les pratiques artistiques d'aujourd'hui. ******Dans cet esprit, je participe, le 1 juillet prochain, à une rencontre à Raismes (59) afin de programmer, préparer un atelier dans le cadre de la journée mondiale contre la pauvreté (en novembre prochain). - Christian-Edziré Déquesnes, le 24.06.2026. - p.s : Le 28 juin, à mon stand en la braderie de Gayant (rue Gametta, à Doua), dans la mesure du stock disponible, gratuitement, des exemplaires de la revue-zine "mERDAl'Or !" et d'autres documents copy-art/Flop Art ! seont offerts.

LES GRANDS FONDATEURS DE LA POESIE MODERNE - 2., consacré à Paul Verlaine, Jules Laforgue, Charles Cros, Germain Nouveau et Arthur Rimbaud, dans la collection "La bibliothéque de Poésies" - Parution 1991. - Illustration musicale : "Sensation" d'Arthur Rimbaud par Valérie Lagrange.

dimanche 21 juin 2026

BOB DYLAN (prix Nobel de littérature en 2016) : "Dignity" . - Première diffusion le 17.08.2019 - 47.



Le gros qui regarde une lame d'acier
Le maigre, qui regarde son dernier repas
L'homme creux, qui scrute un champ de coton
Cherchent la Dignité

Le sage, qui scrute un brin d'herbe
Le jeune, qui scrute les ombres qui passent
Le pauvre, qui des yeux parcourt le vitrail
Cherchent la Dignité

Quelqu'un s'est fait tuer la veille du nouvel an
Quelqu'un a dit que la Dignité fut la première à foutre le camp
Je suis allé dans la cité, allé dans la ville
Allé dans le pays du soleil de minuit

Je cherche en haut, cherche en bas
Je cherche partout où je connais
Je demande aux flics partout où je vais
La Dignité, vous l'avez vue ?

L'aveugle se sort de sa transe
À deux mains, il fait les poches de la chance
Espère y trouver une circonstance
De Dignité

Je suis allé où les vautours se repaissent
Je serai allé plus profond mais c'était pas utile
J'entendais les langues des anges et les langues des hommes
Pour moi pas de différence

Vent glacé comme lame de rasoir
Maison en flammes, dettes de souffrance
Je vais me planter devant la fenêtre, demander à la jeune femme
As-tu vu la Dignité

Rencontré le prince Phillip dans la maison du blues
M'a dit qu'il me rancarderait si son nom n'apparaissait pas
Il voulait une avance, se disait maltraité
Par la Dignité

Des empreintes qui courent sur le sable argenté
Des pas qui mènent à Tatouageland
J'ai rencontré les fils des ténèbres et les fils de la lumière
Dans les villes frontières du désespoir

Pas d'endroit où disparaître, pas de manteau
Je suis sur l'eau qui coule dans un bateau qui tangue 
J'essaie de lire une note qui a été rédigée
Sur la Dignité

Le malade qui cherche le remède du docteur
Qui cherche dans ses mains les lignes qu'il y avait
Et dans tous les chefs-d'oeuvre littéraires
La Dignité

L'Anglais échoué dans le vent mauvais
Qui rejette en arrière ses cheveux, son avenir paraît compromis
Il serre les dents et cherche en lui
La Dignité

Quelqu'un m'a montré une photo et j'en ai ri
La Dignité on ne l'a jamais prise en photo
J'ai été dans le rouge, j'ai été dans le noir
Dans la vallée des rêves d'os séché

Tant de route et un tel enjeu
Tant d'impasses, je suis au bord du lac
Parfois je me demande combien de temps ça va prendre 
De trouver la Dignité.

- 1991. BOB DYLAN, prix Nobel 2016 de Littérature.

WILLIAM S. BURROUGHS (words & vocal) "The Priest They Called Him" (1993) with KURT COBAIN (noise) : "The Priest They Called Him" (1993). - Première diffusion 29.09.2025 - 23.

JEAN-MARIE MASSOU (1950 - 28.05.2020.° ; "La complainte du puits" et "la complainte de Jeanne Marie" . - Première diffysion le "3; 06.2020 - 163;




Jean-Marie Massou est décédé à l'âge de 70 ans, le 28 mai dernier à Marminiac dans le Lot où il vivait et a développé une oeuvre profondemment humaniste, universelle et hors de tous les sentiers battus.

S’il existe des hommes hors norme, des être totalement singuliers, des sujets qui tracent leur chemin sans se préoccuper des discours établis et des façons de faire communes, alors peut-être Massou pourrait devenir leur prophète. Jean-Marie Massou ne saivait ni lire, ni écrire et vivait totalement seul, isolé en pleine forêt bouriane. Ce n’était pas un homme qui courrait le succès ou la reconnaissance, il semblait mine de rien même de s’étonner de l'intérêt que lui avait témoigné la jeune équipe du label : La Belle Brute, pour les centaines de cassettes audio qu’il a enregistré du fond de sa maison, sur ses magnétophones portables comme on en voyait dans les chambres d’enfants des années 80 ; Mais il n’était pas sans savoir qu’il intriguait et intéressait un "public". Jean-Marie Massou avait déjà subjugué son monde quand, pendant plus de trois décennies, il creusait des gouffres gigantesques et des galeries souterraines à la seule force surhumaine de ses bras,  "Une mission !" comme il le disait. « La Mission universelle » qui vise à prévenir l’humanité que le monde va à sa perte, qu’il s’agissait de protéger ceux qui restent. On retrouvait cela dans le documentaire « Le Plein Pays » qu’Antoine Boutet a réalisé sur cet étrange Massou.




Avec SODOROME, le premier double album 33 tours paru en 2016, c’est sa voix que l’équipe de La Belle Brute, réussi à faire entendre, sa voix et sa musicalité,  car Massou n' était pas simplement étrange, il était surtout impliqué comme peu s’y autorise dans la création, et ses enregistrements avaient  pris progressivement de plus en  la grande majorité de son temps, il utilisait plusieurs magnétophones pour créer des boucles ou des habillages sonores, réenregistrait le son plusieurs fois pour créer l’effet voulu, etc. Il y inscrivait des bribes de sa vie, il y inventait des histoires, y jouait des sketchs, ou gardait en mémoire les rêves prémonitoires de la nuit passée. Ce qui sidère c’est que Massou s’adresse à un auditeur potentiel, à une oreille lointaine, nous ne sommes donc que des intermédiaires. On pense donc à ce que disait Dubuffet, « De l’art où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe ». Même s’il acceptait, quand on le rencontrait, de jouer le jeu du chanteur de charme, donnant de la voix, a capela au-dessus de la citerne qui prend l’eau derrière sa maison. Et là, on touche à l’os du sensible, celui qui soutient les chants populaires comme les choeurs antiques ou religieux, ces airs qui traversent l’histoire et l’humanité dans son entier. On ne peut pas être indemne de la musique de nos jours, et on capte la radio même au fond de la forêt, alors Massou faisait aussi avec l’ère du temps, il bricolait avec les outils contemporains, la radio qu’il enregistrait, les cassettes comme support de montage et comme outil de diffusion, les dvd pour en extraire les bandes-sons etc. On s’approcheait franchement d’une musique concrète lo-fi ou de collages expérimentaux.


C’est peut-être ça les pratiques brutes de la musique façon d’approcher les mêmes préoccupations mais par des voies tout ce qu’il y a de plus personnelles.
En 2018, la dynamique équipe de La Belle Brute, publiait un second opus, toujours un double 33 tours, 'La citerne de Coulanges' de Jean-Marie Massou ; un voyage sonore toujours aussi singulier et encore plus intime de cet artiste résolument singulièrement atypique, profondemment humain et au final intemporel.

Enfin, Jean-Marie Massou se préoccupait depuis un bail de l'avenir de l'humanité. Avec son style et ses prémonitions à lui, mais quoiqu'il en soit, quand il avait entendu parler du virus actuel, il n'avait pas été étonné !? Par téléphone le 20 mars dernier, il expliquait à celles et ceux qui le suivaient et l'écoutait, comment ce qui se passe va dans le sens de ce qu'il décrit depuis plusieurs années dans la cadre de la "Mission Universelle".
Le message a été enregistré par téléphone ce soir là, et mis à disposition tel quel, comme convenu avec lui : https://soundcloud.com/vert-pituite-la-belle/message-de-jean-marie-massou-le-20 mars-2020?fbclid=IwAR00ZThG9L6Gg46PsCAeI_O2coCL1wJEXVfE0qyCacWALchNwtTvJtAe


 Et aussi pour encore mieux appréhender l'oeuvre de Jean-Marie Massou, je vous recommande l'article paru dans le n°17 de la revue consacrée à l'art brut : 'le Gazogéne', via===>
===>https://gazogene.wordpress.com/2011/04/24/jean-marie-massou/

Premier message de L'au-delà, de Jean-Marie Massou : 'JE VOUS AIME !'.



MICHAEL McCLURE : "For Jim Morrison" with Ray Manzarek.- Extrait de l'album "Love Lion", paru en 1991.

AIME CESAIRE : "L'Or noir" par Arthur H et Nicolas Repas.

ANTONIN ARTAUD : Rien ne ressemble à l'amour" . - Extrait du 33 tours "Thanakan" par Colette Magny., paru en

"En wat dan ?" de JOTIE T'HOOFT, par Jan Eilander.