jeudi 27 août 2026
- Douai
n'ignore pas que Rimbaud est essentiel dans son histoire littéraire, mais elle n’a jamais réussi à
transformer cet héritage en politique culturelle durable, cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs
— historiques, institutionnels, symboliques — que les sources permettent de comprendre : 1. Douai
n’a jamais été “la ville de Rimbaud”, contrairement à Charleville-Mézières (ville natale, musée,
politique culturelle structurée), Douai n’est pour Rimbaud qu’un lieu de passage, même si ce
passage est décisif sur bien des points et même si les deux séjours ne durent, au total, que six
semaines. Or, dans la logique patrimoniale française, les villes investissent durablement dans un
auteur lorsqu’il est : né sur place, mort sur place, ou y a vécu longtemps. Douai n’a certes aucun de
ces trois critères, même si elle possède les moments fondateurs du basculement dans l'œuvre
d'Arthur Rimbaud : En 1870, les Cahiers de Douai et aussi Les deux Lettres du Voyant qui arriveront,
un an après, à Douai. - 2. Le paradoxe : Douai est centrale dans la création, mais périphérique dans
la biographie pourtant de nombreuses sources montrent que Douai est le laboratoire où Rimbaud
devient Rimbaud : il y compose, recopie et confie les 22 poèmes des Cahiers de Douai, qui forment
son premier ensemble cohérent ; mais cette importance ne serait donc que littéraire (le verbe est
en trop) ? non biographique ? Or les politiques culturelles locales se construisent souvent sur la
biographie visible (maison natale, lieux de vie), et « non » au lieu de « pas » sur la genèse invisible
des œuvres. Mais, justement dans ce cas de figure exceptionnelle dans l'histoire de La Poésie, ce
point n'est-il pas un argument pour illustrer, célébrer de manière permanente, en Douai, ce qui fait
que le poète aux semelles de vent est unique. - 3. Une mémoire locale vis à vis d'Arthur Rimbaud,
en Douai, longtemps éclipsée par Charleville et Paris, mais peut-être (il en trop) y a-t-il un pont ? un
partenariat ? à imaginer, penser, construire, avec le musée Rimbaud de Charleville. Pendant plus
d’un siècle, la mise en valeur de Rimbaud s’est faite par Charleville-Mézières (musée, festivals,
politique municipale) et à ce titre, la ville natale d'Arthur Rimbaud peut être un partenaire actif et
décisif afin que Douai ne reste pas en marge de cette construction mémorielle. Douai n’a jamais
revendiqué Arthur Rimbaud comme “son” poète ; non pas contrairement, mais en complémentarité,
avec Charleville qui en a fait légitimement un axe identitaire, Douai peut tout à fait avoir la
revendication nationale et internationale, en littérature et poésie, du fait que les deux passages à
Douai sont le point de bascule dans le parcours du poète et l'œuvre d'Arthur Rimbaud. - 4. La
politique culturelle douaisienne est centrée sur d’autres patrimoines. Douai possède déjà plusieurs
identités patrimoniales fortes : le Parlement de Flandre, le carillon et le beffroi, Les Géants :
Gayant et sa famille, le musée de la Chartreuse, la musique (conservatoire, orchestre) mais dans
cette constellation, Rimbaud n’a jamais été placé de manière permanente. Il apparaît dans des
actions ponctuelles, comme l’exposition virtuelle “Les Cahiers de Douai” en 2025 , mais pas dans
une stratégie permanente. - 5. En réponse, on peut signifier, un héritage matériel difficile à
valoriser car Douai ne possède : ni maison-musée, ni manuscrits originaux, ni lieux de mémoire
intacts, ni objets rimbaldiens majeurs. Les Cahiers eux-mêmes ont été conservés par Paul Demeny,
puis vendus à Darzens, puis dispersés. La ville n’a donc pas de “reliques” à montrer — ce qui, au
premier abord, limite la création d’un lieu touristique ou muséal. - 6. Une reconnaissance qui existe
mais elle demeure scolaire et événementielle. Les sources montrent que Douai participe à la
valorisation de Rimbaud : expositions virtuelles, médiation scolaire, ressources pédagogiques,
événements ponctuels. Mais cela reste lié à la célébration des 150 ans des deux passages du poète à
Douai, aussi au programme du bac (2023–2026) et non à une politique permanente. Autrement dit :
Douai honore Arthur Rimbaud quand l’actualité littéraire l’y pousse, mais ne l’inscrit pas dans son
histoire culturelle profonde et comme un atout touristique fort culturellement et historiquement.
Douai ne met donc pas Arthur Rimbaud à l’honneur de manière permanente parce qu'il n’y a pas
vécu durablement (seulement six semaines), que la mémoire rimbaldienne s’est construite ailleurs
(Charleville, Paris), que la ville a d’autres axes patrimoniaux plus anciens et plus visibles, qu'elle ne
possède pas de lieux ou d’objets rimbaldiens forts ; les hommages restent scolaires, numériques,
ponctuels alors que paradoxalement, Douai est le lieu où Rimbaud devient Rimbaud, où naissent les
Cahiers, où s’affirme sa voix, où arrivent les deux Lettres du Voyants, c’est un héritage immense…
mais C'est certes difficile à transformer en monument mais n'y a-t-il pas autre chose à inventer, à
travailler, à la mesure d'Arthur Rimbaud qui a ouvert des portes immenses, par son influence, dans
l'histoire des arts car il inspire toujours de nos jours et bien au-delà de La Poésie, de La Littérature.
Il faudrait, à Douai, créer un véritable “territoire rimbaldien”, un ensemble de lieux, de signes, de
dispositifs permanents qui rendent visible ce qui, aujourd’hui, reste invisible. Cela, si on y pense de
manière pragmatique, n’est pas une utopie, c'est faisable, cohérent, historiquement fondé, et
même peu coûteux. Voici une synthèse structurée de ce que Douai pourrait faire — et pourquoi cela
n’a pas encore été fait. - 1. Rue de l’Abbaye-des-Prés : un lieu fondateur, mais sans marqueur fort,
Arthur Rimbaud y passe (séjourne pour éviter la répétition 2 lignes au-dessous ?) en 1870, chez les
sœurs Gindre où habite Georges Izambard, c’est le lieu de naissance des Cahiers de Douai, un
moment capital dans l’histoire de la poésie française, Il passe aussi, non loin d'ailleurs, rue Jean de
Bologne où réside Paul Demeny à qui il va confier Les Cahiers de Douai. Ce que la ville pourrait
faire : des plaques explicatives (comme celles de Paris ou Bruxelles rue de La Boucherie), un
panneau patrimonial avec fac-similé d’un poème des Cahiers, par exemple "Chanson de la plus
haute tour" (pourquoi ? je vais y revenir plus tard), un QR code renvoyant à une page municipale
dédiée à l'histoire des 2 passages d'Arthur Rimbaud, un banc où des bancs Rimbaud, comme
Charleville l’a fait, avec une citation : coût faible, impact touristique, on est en droit de le penser
énorme puisqu'Arthur Rimbaud est mondialement reconnu - 2. Le Château de Wagnonville : un lieu
d’inspiration ignoré, c'est toucher ici un point essentiel : “Chanson de la plus haute tour” est
inspirée par ce lieu, lors d'une promenade avec son ancien professeur de rhétorique, Georges
Izambard, qui le raconte dans son ouvrage 'Rimbaud, tel que je l'ai connu', les spécialistes le savent,
mais la ville ne l’a jamais revendiqué. Ce que Douai pourrait faire : un parcours poétique, de la rue
de l'Abbaye des Prés, vers le lieux où était le parc et le château de Wagnonville (aujourd'hui, un
lycée agricole qui fabrique une bière, pourquoi pas une bière Rimbaud ?), avec à l'arrivée une
installation commémorative permanente (totem, sculpture, panneau), sur le parcours des étapes
avec des panneaux fac-similés de poèmes des Cahiers de Douai, des Lettres du Voyant, un
événement annuel autour du poème (concours de poésie, de dessins, de peintures... avec
notamment les 22 poèmes des Cahiers ... les thèmes sont multiples), une lecture publique chaque
printemps ou été. Douai possède, là, un lieu rimbaldien unique en France : il dort. - 3. Les Lettres
du Voyant : un trésor invisible en Douai- Les deux lettres (à Paul Demeny et à Georges Izambard)
arrivent à Douai en mai 1871, c’est l’un des moments, voir le moment, les plus importants de
l’histoire de la littérature moderne, ce que la ville pourrait faire : un hommage littéraire et
poétique annuel à la date d’arrivée des lettres, une lecture publique des passages clés, une mise en
lumière dans la presse locale, une installation permanente dans un lieu public (bibliothèque,
Chartreuse), venue de personnalités qui honorent l'œuvre d'Arthur Rimbaud (exemple : Patti Smith).
Douai pourrait devenir la ville des Lettres du Voyant mais je pense que cela est à bâtir avec un
partenaire tel que le musée Rimbaud de Charleville-Mézières. 4. Fac-similés visibles : un manque
criant : Les Cahiers de Douai, Les Lettres du Voyant sont invisibles à Douai, l’exposition virtuelle
était belle, réussie, mais timide, discrète, sans incarnation matérielle alors que la Poésie de
Rimbaud est incarnée, ce que la ville pourrait faire : une salle Rimbaud au musée de la Chartreuse
(en appelant notamment des artistes douaisiens, voire d'autres, à peindre Arthur Rimbaud comme
Jean Marc Lepachelet de Brebières et ancien directeur de la M.J.C de Douai, l'a fait
remarquablement), des fac-similés encadrés (coût très faible), Un mur des Cahiers : reproduction
intégrale, comme à Charleville ; une borne numérique pour consulter les manuscrits. Le musée de la
Chartreuse a (dispose de ) l’espace, la légitimité, et le public, de plus il se situe sur le chemin qui
mène de la rue de l'Abbaye des Prés à la Rue Jean de Bologne, la narration de deux anecdotes
connues qui se déroulent à Douai, Arthur Rimbaud déposant un article de presse qu'il signe du nom
de Georges Izambard, qui va être publié localement et faire scandale, aussi qu'il arrive à se faire
enrôler dans la milice des volontaires réservistes (La France est en guerre contre La Prusse) alors
qu'il n'est pas majeur et qu'ils vont s'entrainer, du côté de La Tour des Dames, avec des manches à
balais à défaut de fusils. - 5. Pourquoi Douai n’a-t-il pas encore fait cela ? J'émets une raison qui me
paraît réelle, rarement énoncée : Absence d'un véritable lobbying littéraire local en rapport
(comparaison avec ?) à Arthur Rimbaud, à Charleville, des passionnés ont poussé pendant 40 ans ; à
Douai, il me semble, personne n’a porté ce combat de manière continue, ponctuellement, oui, ce
qui a pu avoir pour résultat que les municipalités successives ont, une vision trop “événementielle”
d'Arthur Rimbaud en rapport à la culture et l'histoire de la ville, donc Douai fait des hommages
ponctuels, mais (il manque ?) pas de politique durable - 6. J'ai essayé de décrire, point par point,
une réalité, une politique culturelle pragmatique, cohérente, faisable, qui pourrait transformer
Douai en : La ville des Cahiers de Douai, la ville des Lettres du Voyant, la ville où Rimbaud devient
Rimbaud, cela serait un positionnement unique en France, aussi internationalement, et qui ne peut
être qu'en La Cité de Gayant. - 7. Synthèse : je propose un plan d’action réaliste pour Douai, voici
un plan en 6 actions, toutes réalisables en quelques années, voire moins d’un an : 1. une
"installation" Rue de l’Abbaye-des-Prés, lieu de création des Cahiers, avec un poème visible, lisible,
un banc Rimbaud. - 2. Parcours poétique vers Wagnonville, lieu d’inspiration de “Chanson de la plus
haute tour” avec des points "étapes" (bancs, panneaux). - 3. Hommage annuel aux Lettres du
Voyant, lecture publique + événement culturel. 4. Salle Rimbaud au musée de la Chartreuse avec
Fac-similés + borne numérique + panneaux. - 5. Parcours urbain “Rimbaud à Douai” 4 ou 5 stations
dans la ville, avec éléments, installations à découvrir. - 6. Communication municipale structurée
avec un site web, brochures*, un livret*, QR codes, affiches. Je pense que le coût faible serait faible
pour un impact culturel majeur et une nouvelle dimension dans le rayonnement touristique de
Douai. Je pense à un dernier point, l'émergence d'une association pour Arthur Rimbaud en Douai qui
viendrait en appui avec la ville, notamment pour l'entretien des installations (que l'on peut imaginer
avec des douaisiens sensibilisés) et des événements (participations citoyennes des habitants) . - *J'ai
moi-même rédigé un écrit sur Arthur Rimbaud, l'une de mes passions, à Douai et je le tiens bien sûr
à disposition de la municipalité ou/et de toutes structures douaisiennes qui s'inscriraient dans une
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire