AUX ROBES DE RIMBAUD - "Les inédits de Rimbaud, c'est nous !" (Louis Scutenaire).
vendredi 31 juillet 2026
LES MAINS LIBRES, dessins de Man Ray illustrés par des poèmes de Paul Eluard + dossier par Henri Scepi et lecture d'image par Juliette Berton, paru en 2013 dans la collection Folio Plus Classiques.- Illustration musicale : "The Man with the X Ray Eyes Ray" de Bauhaus.
Les Mains Libres est un recueil publié en 1937, né de la collaboration entre Man Ray* (dessins) et Paul Éluard** (poèmes). C’est l’une des œuvres les plus emblématiques du surréalisme, précisément parce qu’elle fait dialoguer texte et image de manière totalement libre et expérimentale. Ce que l’œuvre est Un livre à quatre mains, où Man Ray réalise une série de dessins, auxquels Paul Éluard répond par des poèmes. Une fusion des arts : les images ne « illustrent » pas les poèmes, et les poèmes ne « décrivent » pas les images. Ils se répondent, se contredisent parfois, s’ouvrent l’un à l’autre. Une œuvre qui revendique la liberté créatrice, d’où le titre Les Mains Libres. C’est un dialogue, un jeu d’échos, de contrastes, de rêves et d’associations imprévues. Le recueil se lit comme une errance poétique : chaque dessin ouvre une porte, chaque poème en ouvre une autre, et le lecteur circule entre les deux sans logique imposée. - Christian-Edziré Déquesnes.- *Man Ray (1890–1976) est l’une des figures majeures du dadaïsme puis du surréalisme, célèbre pour ses photographies expérimentales, ses objets détournés et son rôle central dans l’avant‑garde parisienne. Né Emmanuel Radnitzky à Philadelphie, il devient Man Ray après que sa famille a changé son nom en 1912 pour éviter l’antisémitisme*. - ** Paul Éluard (né Eugène Émile Paul Grindel, 14 décembre 1895 – 18 novembre 1952) est l’un des poètes français majeurs du XXᵉ siècle, cofondateur du surréalisme et figure emblématique de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
jeudi 30 juillet 2026
mercredi 29 juillet 2026
LE MYSTERE MAGRITTE, paru en 2004 . - Illustration musicale : "Rene Magritte Song" d'Anthony D Padgett.
Une incursion dans l’univers de René Magritte qui souligne la dimension novatrice et énigmatique de son oeuvre, le sens de sa démarche et son apport au surréalisme. L'ouvrage permet de mieux comprendre les sources d’inspiration de l’artiste, sa façon de travailler, ses préoccupations personnelles et artistiques, son regard sur le monde. Le parcours est facilité par une succession de sujets, présentés en doubles pages, touchant à la vision et à l’oeuvre de l’artiste. Stimulant par ses observations et ses questions, le texte, écrit fort simplement, est organisé en courts paragraphes. Une place prépondérante est accordée à l’iconographie de l’ouvrage, constituée de reproductions de qualité ainsi que de photos d’archives. Un résumé biographique complète l'ouvrage. - Christian-Edziré Déquesnes.
lundi 27 juillet 2026
TROIS JOURS MEURENT... ...LAISSE TOMER, à Kurt Cobain, de Christine Dainville . - Illustration musicale : "Rape Me" (2002) de Nirvana.
Trois jours meurent. / Nul ne sait./ Sauf toi, Amour./// Tu mentiras. / Comme toujours, / Amour. / Trois jours de crachin gras, / De chagrin las. / Amour moisi. / Seul avec la bleue / Et mon fusil, / Dans cet appentis gris. /// Mille vains combats. / Masques traîtres. / Ambivalence. / Des millions de galettes. / Adulation. /// Mais toi, Amour, / Ambition ou trahison ? /// Tu dis qu’un sang de flétan / Court dans mes veines trouées. /Les poissons ne sentent rien, / C’est bien connu. /// Munich début mars, puis Rome. / Overdose. Saturation. / Laisse tomber. /// Dis-moi Amour, Cette lettre froissée, / Abandonnée sur le sol. /// Illusion ? /// À Boddah, imaginaire. / Des mots tracés, / D’une main déchue. / La mienne ? /Chimère tardive, décalée. / Écrire pour mentir à Boddah / Mon miroir, mon ennui, mon dépit. / L’affronter sans me disloquer. /// Fracture de l’âme. /// L’angoisse glisse en moi et se noie. / Je coule, le temps coule autant. / Embraser l’allumette humide sous la peau. / Ce bout de soufre qui souffre mal ou mieux. /// J’enlace ma belle bleue./ Bride son cou mince. / Touche son ventre lisse. /// Cordes rauques. / Cordes sensibles. / Cordes pincées, doigts précis. / Cordes frottées, caresses coulées. / Accords interdits, incisifs. / À corps offert, à corps perdu, / Accord enfui, à cœur ouvert. /// Elle s’emballe, chauffe, hurle / Son désir, mon plaisir, un rire fou. / Je l’effleure. / Elle frémit, pétille, crépite à l’envi.
Brûle à l’envers. Enfer et contre moi. / Contre addiction. /// Tessiture aiguë d’un glissando agressif,/ L’annulaire bagué de métal noir. /// Le son mauve. / Instable. / Ivre. /// L’âme du monde / Gicle d’un bend acide. / Jus sombre et toxique. / Extase brutale. / Un coup part. / Détruit l’espace. / Le fusil. / C’est toi Amour ? /// Ma belle bleue tombe, / Une Fender Mustang. / Morte. / Moi aussi. /// Pourquoi la porte est-elle fermée ? / De l’extérieur ? / Qui a la clef ? / Amour ? /// Laisse tomber. - de Christine Dainville.
dimanche 26 juillet 2026
ANTONIN ARTAUD : "Le moine (de Lewis), paru en 1994 dans la collection "folio poche" des éditions Gallimard . - Illustration musicale : "Mr L'abbé" de Michel Polnareff.
Antonin Artaud s’est emparé du Moine de Matthew Gregory Lewis comme d’un matériau idéal pour son esthétique de la cruauté. L’essentiel à retenir : en 1931, Artaud publie une réécriture radicale du roman gothique, intitulée Le Moine, de Lewis, raconté par Antonin Artaud, où il transforme profondément l’œuvre pour en exacerber la violence, la folie et la dimension visionnaire. Artaud voit dans le roman de Lewis (1796) un chef‑d’œuvre de transgression : tentation, magie noire, visions infernales, déchéance morale. Il admire ce qu’il appelle la « sorcellerie verbale » de Lewis, cette manière de faire du surnaturel une réalité palpable. Mais Artaud ne se contente pas d’adapter : il supprime des chapitres, en réécrit d’autres, insuffle sa propre mythologie, et pousse la violence et l’atrocité « au maximal degré ». Son Moine devient une œuvre autonome, une sorte de roman‑cri, où la décomposition psychique, le sacré, la sexualité et la terreur se mêlent dans une intensité proche de ses manifestes du Théâtre de la cruauté. Artaud rêvait d’adapter Le Moine au cinéma et d’y jouer le moine Ambrosio lui‑même. Ce projet ne verra jamais le jour, mais il témoigne de l’importance du texte dans son imaginaire : fascination pour la chute d’un homme supposé vertueux, exploration de la possession, recherche d’un langage scénique ou filmique capable de frapper le spectateur comme un choc. Le Moine est le seul travail romanesque long d’Artaud. Il y expérimente une écriture qui n’est plus seulement théorique (comme dans Le Théâtre et son double), mais narrative, hallucinée, viscérale. C’est oeuvre pièce essentielle pour comprendre : son rapport au sacré, son obsession de la corruption du corps, sa vision d’un art qui doit « déchirer » la réalité. Parce qu’elle montre Artaud en lecteur démiurge, transformant un roman gothique en une expérience limite. Elle éclaire aussi la filiation entre Lewis, Artaud, le surréalisme et le cinéma de Buñuel, de Kyrou et de Moll. - Christian-Edziré Déquesnes.
vendredi 24 juillet 2026
SARTRE - BAUDELAIRE, paru en 1947 aux Editions Gallimard, collection nrf . - Illustration musicale : "L'heautontimoroumenos" de Charles Baudelaire par Morgane Imbeaud & Jean-Louis Murat, sur une musique de Léo Ferré.
- "Le choix libre que l'homme fait de soi-même s'identifie absolument avec ce qu'on appelle sa destinée." Dans cet essai qui a fait date, Jean-Paul Sartre tente de "revivre par l'intérieur au lieu de n'en considérer que les dehors ce que fut l'expérience de Baudelaire prototype quasi-légendaire du poète maudit".
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