AUX ROBES DE RIMBAUD - "Les inédits de Rimbaud, c'est nous !" (Louis Scutenaire).
lundi 24 août 2026
Les deux passages de Rimbaud à Douai en 1870 constituent un véritable point de bascule, et les sources que nous avons confirment cette idée.
Elles montrent que Douai n’est pas seulement un lieu de refuge : c’est le laboratoire où Rimbaud devient Rimbaud car ces deux séjours à Douai marquent le moment où son écriture bascule d’une imitation des modèles (Hugo, Banville, Musset) vers une poésie libre, révoltée, expérimentale — celle qui annonce le futur “poète voyant”. C’est à DOUAI que naît sa voix propre. Douai : rupture biographique et libération; Les sources rappellent que Rimbaud arrive à Douai en fugue, fuyant Charleville, sa mère rigide, la province bourgeoise qu’il déteste. Ce geste de fuite est déjà un acte de rupture ; à Douai, il trouve chez Georges Izambard et Paul Demeny un espace de liberté intellectuelle qui n’existe pas chez lui.
C’est la première fois qu’il est entouré d’adultes qui prennent sa poésie au sérieux. Les deux passages produisent les deux liasses des Cahiers de Douai : 15 poèmes en septembre puis 7 poèmes en octobre, ces deux moments sont distincts, mais complémentaires : ensemble, ils forment le premier ensemble cohérent de sa création et les textes montrent une progression fulgurante : imitation des maîtres, satire sociale, lyrisme adolescent, premiers éclats de modernité, premiers gestes de subversion (Vénus anadyomène, Le Mal, Rages de César). Les études soulignent que les Cahiers de Douai sont un atelier, un lieu où Rimbaud “s’approprie puis subvertit l’héritage romantique et parnassien", il imite — mais il déforme, il tord, il attaque. C’est à Douai que se forme l’idée du poète voyant, même si elle n’est pas encore formulée. Les deux séjours produisent des poèmes qui annoncent toute la suite : Errance : Ma Bohème, Sensation — programme d’une vie de fuite. Satire : À la musique, Le Châtiment de Tartufe — critique sociale féroce. Guerre et politique : Le Dormeur du val, Le Mal — vision humaniste et violente. Éveil du désir : Roman, Première soirée. Tout Rimbaud est déjà là, en germe. Les sources rappellent que Arthur Rimbaud demande ensuite à Demeny de brûler les manuscrits — signe qu’il sent déjà qu’il a dépassé cette étape, Douai est donc un seuil, avant, il était un adolescent brillant mais encore scolaire mais après Douai, c'est un poète qui va écrire Le Bateau ivre, les Illuminations, Une Saison en enfer. Les deux passages à Douai sont un moment fondateur, un pivot, un point de bascule où la vie d' Arthur Rimbaud change, sa poésie se transforme, sa voix apparaît, son destin se met en marche ; sans Douai, il n’y aurait probablement pas le poète Arthur Rimbaud tel que nous le connaissons. - Christian-Edziré Déquesnes.
dimanche 23 août 2026
ARBRES D'HIVER précédé de La Traversée de SYLVIA PLATH (1932 - 1963), paru en 2003. - Illustrations musicales : “Sylvia” de Ralph McTell par Alex Vann & “Victoria Lucas” (nom de plume utilisé par Sylvia Plath) pour son roman 'The Bell Jar' de Moby.
Sylvia Plath (1932–1963) est une poétesse et romancière américaine, figure majeure de la poésie confessionnelle aux côtés d'Anne Sexton et Robert Lowell. Elle devient, après sa mort, une icône littéraire et féministe. Elle est née le 27 octobre 1932 à Boston. Elle a composé des poèmes d’une intensité rare, explorant la dépression, l’aliénation, la maternité, la violence intime et la quête d’identité. Ses ouvrages les plus cités sont : Ariel (1965, posthume) — recueil emblématique, d’une puissance visionnaire, The Bell Jar / La Cloche de détresse (1963) — roman semi‑autobiographique sur la dépression et l’aliénation féminine, The Colossus (1960) — premier recueil publié et The Collected Poems (1981) qui lui vaut, à titre posthume, le Prix Pulitzer de la poésie en 1982. Mariée au poète Ted Hughes de 1956 à 1963, elle a eu deux enfants ; mais la relation avec Ted Hughes est tumultueuse, marquée par l’infidélité et la séparation, qui inspire une grande partie de son œuvre tardive. Sylvia Plath a souffert toute sa vie de dépression sévère, traitée par électrochocs. Elle se suicide le 11 février 1963, à Londres, quelques semaines après la publication de The Bell Jar qui est paru attribué à Victoria Lucas, pseudonyme utilisé par Sylvia Plath pour publier son unique roman, The Bell Jar (La Cloche de détresse), en janvier 1963, donc un mois avant sa mort ; le roman étant un roman à clef très inspiré de la propre vie de son auteur, l’éditeur craignait des risques de diffamation et SYLVIA Plath a donc accepté de publier sous un nom d’emprunt, elle avait conscience que le livre pouvait blesser des personnes réelles, notamment sa mère, puis elle a voulu éviter que le public n'associe pas immédiatement le récit à sa vie privée.
Dans l'édition française ARBRES D'HIVER précédé de La Traversée est un volume unique qui réunit deux recueils posthumes de Sylvia Plath, établis en 1971 par Ted Hughes. L’ouvrage Arbres d’hiver précédé de La Traversée rassemble : La Traversée (Crossing the Water, 1971) et Arbres d’hiver (Winter Trees, 1971), l'ensemble provient de poèmes laissés inédits par Sylvia Plath et organisés après sa mort. Ils forment une transition entre Le Colosse (1960) et Ariel (1965), la tonalité y est moins explosive que Ariel, mais toujours traversée par les thèmes de la solitude, la maternité, la mythologie personnelle, la noirceur et une violence intérieure. Le poème Crossing the Water (La Traversée) est emblématique : un lac noir, une barque noire, des silhouettes découpées, une nature saturée d’ombres et le silence « des âmes interdites ». C’est un recueil où la lumière existe, mais filtrée, fragile, presque immobile — une suspension avant la tempête d’Ariel ; Arbres d’hiver c'est un univers plus nuancé, une violence plus contenue, bien que toujours présente, un fragile paysage intérieur, traversé par le chagrin, mais parfois lumineux — « beau comme un soleil un matin d’hiver » . - Christian-Edziré Déquesnes.
samedi 22 août 2026
PETER LAUGHNER : "Baudelaire" . - Extrait de l'album "Take the Guitar Player for a Ride", paru en 1994.
Peter Laughner est un guitariste, chanteur, songwriter et journaliste rock américain, né le 22 août 1952 à Bay Village (Ohio) et mort le 22 juin 1977 à seulement 24 ans. Il est considéré comme l’un des catalyseurs majeurs de la scène proto‑punk de Cleveland dans les années 1970, notamment grâce à son rôle dans Rocket from the Tombs et Pere Ubu, il a été co‑fondateur de Rocket from the Tombs, groupe chaotique et fondateur du proto‑punk, auteur de morceaux devenus cultes comme Final Solution ou 30 Seconds Over Tokyo ; membre des débuts de Pere Ubu, où il joue sur les premiers 45 tours du groupe. Aussi journaliste rock pour Creem, influencé par Lester Bangs (avec qui il a enregistré), Lou Reed, Robert Johnson, Woody Guthrie et Richard Thompson. Il a été la figure centrale du Cleveland underground, admirateur de la scène CBGB (Patti Smith, Richard Hell, Tom Verlaine). Peter Laughner mélangeait folk, blues, punk, The Velvet Underground, Neil Young, Richard Thompson, créant un style brut, émotionnel et intensément personnel. Il voulait, disait‑il, « faire pour Cleveland ce que Brian Wilson a fait pour la Californie et Lou Reed pour New York ». Miné par l’alcool et les drogue, Peter Laughner meurt d’une pancréatite aiguë en 1977. Il n’a presque rien enregistré en studio, mais a laissé une multitude de démos, répétitions et enregistrements lo‑fi. Des compilations posthumes ont révélé l’étendue de son talent, notamment : Take the Guitar Player for a Ride (1994) et Le coffret Peter Laughner (Smog Veil Records, 2019) mais très vite devenus introuvables. Aujourd’hui, Peter Laughner est vu une légendaire figure du proto‑punk des années 70's, dont l’influence dépasse largement sa brève vie. - Christian-Edziré Déquesnes.
jeudi 20 août 2026
JUNKIEVERDRIET / CHAGRIN DE JUNKIE de Jotie T'HOOFT, extrait manuscrit recopié par S.O.D.A 26 pour le n°10 de la revue-zine "mERDAl'Or !" d'août 2026 ; + bonus archives notamment avec des illustrations poésies sonores & musicales : "White Light, White Heat" de The Velvet Underground, "Junkieverdriet & En wat dan... ?" (extraits lectures), Derek chante Jotie T'HOOFT Jotie, Jotie T'HOOFT "65'' par Steef Verwée, "En wat dan ?", "Eenzaamheid" de Jotie T'HOOFT, extraits du 33 tours "Jan Eilander Zingt Jotie T 'HOOFT" - Première diffusion le 21.06.2026 - 14.
Johan Geeraard Adriaan T’Hooft alias T'HOOFT Jotie (9 mai 1956 - 6 octobre 1977) est un poète néoromantique flamand. Il est connu pour avoir eu un style de vie "hippie/junkie", sa poésie est liée à la mort et sa disparition prématurée à l’âge de 21 ans s'apparente à un suicide lié sa toxicomanie ; ces éléments ont fait de lui une légende dans son pays natal. Sa vie et sa mort par overdose ont fait l’objet d’un film, sous le titre anglais "Junkie’s Sorrow".
Jotie T’Hooft est née à Oudenaarde, en Belgique. Fils unique, durant son enfance, c'est un excellent élève, mais a des difficultés pour s’adapter à sa vie d’élève dés le secondaire. Il est expulsé de plusieurs établissement scolaire à l’âge de 14 ans. C’est alors qu’il trouve refuge dans la littérature, en particulier les œuvres de Franz Kafka et Hermann Hesse, aussi dans la drogue. Il a déménagé à l’âge de 17 ans pour étudier à Gand. Cependant, sa dépendance à la drogue l'empêche d'entreprendre ses études. En 1973, T’Hooft fait sa première tentative de suicide. Il se marie en 1974. Son beau-père, Julien Weverbergh, est à la tête de la maison d’édition Manteau qui accepte de publier ses œuvres.
Malgré sa notoriété littéraire, T’Hooft doit continuer à lutter contre ses problèmes de drogue. En 1977, il meurt d’une overdose de cocaïne. Il a écrit un message d’adieu à sa femme sur un de chez eux et a laissé son magnétophone jouer The End des Doors en boucles. T’Hooft n’avait que 21 ans à l’époque.
Le thème le plus récurrent dans sa poésie est la mort, qui l’obsède dès son plus jeune âge. Ceci est parfaitement caractérisé par une phrase de l’un de ses poèmes : Je suis le monde, en moi la fleur de la mort s’est réveillée sans arrêt. Selon sa poésie, il se voit comme un étranger ; Le monde est un lieu étranger pour lui.
T’Hooft a également écrit divers essais sur ses artistes rock préférés, notamment The Doors, Frank Zappa, Nico & The Velvet Underground. En 1974, lui et un ami ont également réalisé une bande dessinée obscure, faisant la satire de Dieu et de Jésus.
Jotie s'est fabriqué un alter ego : Charles Louis Daenen et il a joué cet autre-moi lors de ses premiers récitals de poésie.
T'HOOFT Jotie est au repos au cimetière de Oudenaarde.
https://www.lambiek.net/artists/t/t_hooft_jotie.htm
mercredi 19 août 2026
IL PLUIE... de Peter Wullen de Gand. & DRÔLE, CE JOUR DE PLUIE EST ICI... de Matar Ar-raghbât. - Illustration musicale : "Here's That Rainy Day" par Bill Evans.
Il pluie il pluie sur Gand / Et tant tourne la pluie entre le ciel et Gand / Qu'on ne sait plus s'il pluie s'il pluie sur Gand / Ou si s'est Gand qui pluie vers le ciel. - Peter Wullen.
Drôle, ce jour pluvieux est ici... Il pleut... et j'aime cette pluie ; L'odeur de la terre et de la tranquillité. - Matar Ar-raghbât.
LA VIE D'UN BEBE de François Weyergans - Roman, paru en 1986. - Illustration musicale : "Lobster" de Hatfield & The North.
La vie d’un bébé est un roman singulier de François Weyergans, publié initialement en 1986 chez Gallimard, puis dans leur collection de poche Folio ; roman singulier où le narrateur est un fœtus, François Weyergans imagine sa conscience, ses sensations, ses peurs, ses pensées, et même une forme de savoir universel qu’il perd progressivement en se développant. Le roman mêle humour, vertige métaphysique, introspection avec une fantaisie certaine. - Christian-Edziré Déquesnes.
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