jeudi 16 avril 2026

"L'HOMME NU - LA DICTATURE INVISIBLE DU NUMERIQUE" de Marc Dugain & Christophe Labbé, paru en 2016 . - Illustration musicale : "Big Brother" de Bernard Lavilliers.

Ce livre fait froid dans le dos, sans complésance aucune, il explique les Big Data. Google, Apple, Facebook ou Amazon, ces géants du numérique, qui aspirent à travers Internet, smartphones et objets connectés, des milliards de données sur nos vies. Derrière cet espionnage, dont on mesure chaque jour l'ampleur, on découvre qu'il existe un pacte secret scellé par les Big Datas avec l'appareil de renseignement le plus puissant de la planète. Cet accouplement entre les agences américaines et les conglomérats du numérique, est en train d'enfanter une entité d'un genre nouveau. Une puissance mutante, ensemencée par la mondialisation, qui ambitionne ni plus ni moins de reformater l'Humanité. La prise de contrôle de nos existences s'opère au profit d'une nouvelle oligarchie mondiale. Pour les Big data, la démocratie est obsolète, tout comme ses valeurs universelles. C'est une nouvelle dictature qui nous menace. Une Big Mother bien plus terrifiante encore que Big Brother. Si nous laissons faire nous serons demain des " hommes nus ", sans mémoire, programmés, sous surveillance. Il est temps d'agir concluait en 2016 et 10 ans après les points les plus cruciaux, les plus à craindre semblent plus que bien ancrés dans nos quotidiens ; quand la réalité dépasse les pires anticipations des meilleurs auteurs de science fiction du siècle dernier (Orwell "1984"), elle est à lire dans "L'HOMME NU...".

mardi 14 avril 2026

"...RIMBAUD, C'EST MOI. ET JE VOUS EMMERDE..." de Morgan ed Dwai, chercheur de vérité . - Illustration musicale : "La vérité" d'Arno.

Le long des quais, j'arpentais la nuit, au comble du désespoir, espérant trouver l'illumination qui ferait jaillir de mon être toute la substance qui lui permettrait d'enfin jouir sans encombre de cette mystérieuse existence. Je me tenais là, prêt à en découdre avec mon destin, les canards faisaient coin-coin, et les ombres muettes passagères détournaient mon attention, quand j'apercevais le glissement de la pluie qui brillait sur l'asphalte jaunie par l'usure du temps. Les lumières artificielles éclairaient sans émotion la surface de l'eau, et alors j'observais les quelques remous à la surface qui suggéraient une profondeur effrayante bien que je savais qu'il n'en était rien. Alors je criais tout au fond de mon âme, comme si ces pensées venaient du fond de l'eau : « À moi la dame du lac ! » Ou encore : « À moi la liberté ! » J'attendais une réponse. Mais rien. Sitôt je marchais, et perdu dans d'infinis souvenirs les ombres muettes chuchotantes s'étaient muées en chaleur maternelle. J'aimais marcher, c'était comme un quai de scène le long de la Scarpe, et Douai m'appelait. Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi. Douai m'appelle. Est-ce Rimbaud qui me hante ? Est-ce son âme qu'attire tout au fond de ce gouffre sombre et amer ? Et bien que plus rien alors à me satisfaire, je laisse en moi agir cette implacable liqueur de nuit, qui coule dans mon cœur et laisse ma solitude à l'abandon de ma folie. Car plus ici je ne sombre En cette vague amère Les soirées fiévreuses Et les embruns séculaires Ont eu raison de moi Oui, je me laisse aller dans cette cave obscure. Rimbaud est là. Il m'observe. Car Rimbaud, c'est moi. Et je vous emmerde. Amitiés éternelles Et les bons poètes Sauront pourquoi Morgan ed'Dwai, chercheur de vérité.