dimanche 5 juillet 2026
Trois jours meurent. / Nul ne sait./ Sauf toi, Amour./// Tu mentiras. / Comme toujours, / Amour.
Trois jours de crachin gras,
De chagrin las.
Amour moisi.
Seul avec la bleue
Et mon fusil,
Dans cet appentis gris.
Mille vains combats.
Masques traîtres.
Ambivalence.
Des millions de galettes.
Adulation.
Mais toi, Amour,
Ambition ou trahison ?
Tu dis qu’un sang de flétan
Court dans mes veines trouées.
Les poissons ne sentent rien,
C’est bien connu.
Munich début mars, puis Rome.
Overdose. Saturation.
Laisse tomber.
Dis-moi Amour,
Cette lettre froissée,
Abandonnée sur le sol.
Illusion ?
À Boddah, imaginaire.
Des mots tracés,
D’une main déchue.
La mienne ?
Chimère tardive, décalée.
Écrire pour mentir à Boddah
Mon miroir, mon ennui, mon dépit.
L’affronter sans me disloquer.
Fracture de l’âme.
L’angoisse glisse en moi et se noie.
Je coule, le temps coule autant.
Embraser l’allumette humide sous la peau.
Ce bout de soufre qui souffre mal ou mieux.
J’enlace ma belle bleue.
Bride son cou mince.
Touche son ventre lisse.
Cordes rauques.
Cordes sensibles.
Cordes pincées, doigts précis.
Cordes frottées, caresses coulées.
Accords interdits, incisifs.
À corps offert, à corps perdu,
Accord enfui, à cœur ouvert.
Elle s’emballe, chauffe, hurle
Son désir, mon plaisir, un rire fou.
Je l’effleure.
Elle frémit, pétille, crépite à l’envi.
Brûle à l’envers. Enfer et contre moi.
Contre addiction.
Tessiture aiguë d’un glissando agressif,
L’annulaire bagué de métal noir.
Le son mauve.
Instable.
Ivre.
L’âme du monde
Gicle d’un bend acide.
Jus sombre et toxique.
Extase brutale.
Un coup part.
Détruit l’espace.
Le fusil.
C’est toi Amour ?
Ma belle bleue tombe,
Une Fender Mustang.
Morte.
Moi aussi.
Pourquoi la porte est-elle fermée ?
De l’extérieur ?
Qui a la clef ?
Amour ?
Laisse tomber.
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