Ce fameux concert de John Cale commence par
'There Was A Savior / Il y eut un sauveur'
de Dylan Thomas.
Quand je regagne mon lit, ce soir, pour la première fois depuis la mort de mon père, Arthur Déquesnes, le 2 novembre, j'allume la musique... - le poste radio-cd est sur ma table de chevet - ...pour écouter la chanson de John Cale au son de laquelle Papa est sorti de l'église de par l'allée centrale où nous le suivions... c'est un poème de Dylan Thomas mis en musique et chanté par John Cale... ...pourtant ce n'est pas fini cette "histoire"... Ce n'est pas cette chanson là, cette plage là que NOUS avions choisi du disque pour la sortie de l'église de notre père... mais le lecteur fait un caprice et il envoie 'Introduction+There Was A Saviour Interlude I' ; à la relecture, ce soir, des paroles, je ne crois pas vraiment que ce soit un hasard.
Vous savez dans la poche de mon père j'ai glissé un stylo, à côté du flotteur de pêche glissé par son second fils Frédéric, afin qu'il NOUS "écrive" des messages... il a fait vite, Arthur !... C'est SENSASS !
Je vous embrasse toutes et tous très fort et fraternellement.
Je vous embrasse toutes et tous très fort et fraternellement.
There Was A Saviour (1940) - DYLAN THOMAS, extrait de 'Visions & prières'.
'There was a saviour
Rarer than radium,
Commoner than water, crueler than truth;
Children kept from the sun
Assembled at his tongue
To hear the golden note turn in a groove,
Prisoners of wishes locked their eyes
In the jails and studies of his keyless smiles.
Children kept from the sun
Assembled at his tongue
To hear the golden note turn in a groove,
Prisoners of wishes locked their eyes
In the jails and studies of his keyless smiles.
The voice of children says
From a lost wilderness
There was calm to be done in his safe unrest
When hindering man hurt
Man, animal or bird
We hid our fears in the murdering breath,
Silence, silence to do, when the earth grew loud,
In lairs and asylums of the tremendous shout.
There was glory to hear
In the churches of his tears,
Under his downy arm you sighed as he struck,
O you who could not cry
On to the ground when a man died
Put a tear for joy in the unearthly flood
And laid your cheek against a cloud-formed shell:
Now in the dark there is only yourself and myself.
Two proud, blacked brothers cry,
Winter-locked side by side,
To this inhospitable hollow year,
O we could not stir
One lean sigh when we heard
Greed on man beating near and fire neighbour
But wailed and nested in the sky-blue wall
Now break a giant tear for the little known fall.
For the drooping of homes,
That did not nurse our bones,
Brave deaths of only ones but never found,
Now see, alone in us,
Our own true strangers' dust
Ride through the doors of our unentered house.
Exiled in us we arouse the soft,
Unclenched, armless, silk and rough love that breaks all
rocks.'
Traduction
IL Y EU UN SAUVEUR - Dylan Thomas, 1940.
Il y eut un sauveur
Plus rare que le radium,
Plus commun que l'eau, plus cruel que la vérité ;
Des enfants écartés du soleil s'assemblaient dès qu'il
ouvrait la bouche
Pour entendre la note d'or tourner dans une rainure,
Des prisonniers des désirs verrouillaient leurs yeux
Dans les geôles et les chambres de ses sourires sans clé.
La voix des enfants dit
Depuis un désert perdu
Que le calme devrait
s'instaurer dans son inquiétude rassurante,
Quand l'homme-entrave blessait
Homme, animal ou oiseau
Nous cachions nos peurs dans ce
souffle assassin,
Silence, silence à instaurer, quand la terre gronda,
Dans les asiles et les tanières du cri épouvantable.
Il y avait de la gloire à entendre
Dans les églises de ses larmes,
Sous son bras duveteux tu soupiras quand il frappa,
Ô toi qui ne pouvais pleurer
Jusqu'au sol quand un homme mourait
Tu ajoutais une larme de joie au déluge surnaturel.
Et posais ta joue contre une coquille à forme de nuage :
Maintenant dans l'obscurité il n'y a plus que
toi-même.Deux frères assombris, orgueilleux, crient,
Figés côte à côte par l'hiver
Vers cette année inhospitalière et creuse,
Ô nous qui ne pouvions tirer de nous
Le moindre soupir quand nous entendîmes
L'avidité en l'homme déferler, enflammer le prochain
Mais avons gémi et niché dans le mur bleu-de-ciel /
Maintenant nous versons une larmes géante pour la chute peu connue,
Pour l'affaissement des maisons
From a lost wilderness
There was calm to be done in his safe unrest
When hindering man hurt
Man, animal or bird
We hid our fears in the murdering breath,
Silence, silence to do, when the earth grew loud,
In lairs and asylums of the tremendous shout.
There was glory to hear
In the churches of his tears,
Under his downy arm you sighed as he struck,
O you who could not cry
On to the ground when a man died
Put a tear for joy in the unearthly flood
And laid your cheek against a cloud-formed shell:
Now in the dark there is only yourself and myself.
Two proud, blacked brothers cry,
Winter-locked side by side,
To this inhospitable hollow year,
O we could not stir
One lean sigh when we heard
Greed on man beating near and fire neighbour
But wailed and nested in the sky-blue wall
Now break a giant tear for the little known fall.
For the drooping of homes,
That did not nurse our bones,
Brave deaths of only ones but never found,
Now see, alone in us,
Our own true strangers' dust
Ride through the doors of our unentered house.
Exiled in us we arouse the soft,
Unclenched, armless, silk and rough love that breaks all
rocks.'
Traduction
IL Y EU UN SAUVEUR - Dylan Thomas, 1940.
Il y eut un sauveur
Plus rare que le radium,
Plus commun que l'eau, plus cruel que la vérité ;
Des enfants écartés du soleil s'assemblaient dès qu'il
ouvrait la bouche
Pour entendre la note d'or tourner dans une rainure,
Des prisonniers des désirs verrouillaient leurs yeux
Dans les geôles et les chambres de ses sourires sans clé.
La voix des enfants dit
Depuis un désert perdu
Que le calme devrait
s'instaurer dans son inquiétude rassurante,
Quand l'homme-entrave blessait
Homme, animal ou oiseau
Nous cachions nos peurs dans ce
souffle assassin,
Silence, silence à instaurer, quand la terre gronda,
Dans les asiles et les tanières du cri épouvantable.
Il y avait de la gloire à entendre
Dans les églises de ses larmes,
Sous son bras duveteux tu soupiras quand il frappa,
Ô toi qui ne pouvais pleurer
Jusqu'au sol quand un homme mourait
Tu ajoutais une larme de joie au déluge surnaturel.
Et posais ta joue contre une coquille à forme de nuage :
Maintenant dans l'obscurité il n'y a plus que
toi-même.Deux frères assombris, orgueilleux, crient,
Figés côte à côte par l'hiver
Vers cette année inhospitalière et creuse,
Ô nous qui ne pouvions tirer de nous
Le moindre soupir quand nous entendîmes
L'avidité en l'homme déferler, enflammer le prochain
Mais avons gémi et niché dans le mur bleu-de-ciel /
Maintenant nous versons une larmes géante pour la chute peu connue,
Pour l'affaissement des maisons
Qui n'allaitèrent pas nos os,
Courageuses morts d'êtres uniques, jamais découverts,
Maintenant voyons, seuls en nous-même,
Notre vraie poussière d'étrangers
Chevaucher à travers les portes de notre maison jamais franchie. Exilés en nous-même nous éveillons le doux
Amour à mains ouvertes, sans bras, soyeux et rude
qui brise le roc.
Courageuses morts d'êtres uniques, jamais découverts,
Maintenant voyons, seuls en nous-même,
Notre vraie poussière d'étrangers
Chevaucher à travers les portes de notre maison jamais franchie. Exilés en nous-même nous éveillons le doux
Amour à mains ouvertes, sans bras, soyeux et rude
qui brise le roc.

Très émue par ce texte et par l'effet causé dans votre cœur! J'espère qu'il vous aidera , ainsi qu'à votre frère à retrouver le goût de partager tout ce dont il vous a transmis de positif .
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